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cce£t aiu
N°166
’homme est le
matre de sa pla-
nmte depuis Ó00
000 annjes. Du
fait de son intelli-
gence, sa suprj-
matie est incontestje, mais
certains scientifiques pen-
sent que cette jpoque tire
D sa fin dans la mesure oÙ
une nouvelle forme d’intel-
ligence est en plein essor:
l’intelligence artificielle, ce
qui signifie que des machi-
nes, dotjes de capacitjs in-
tellectuelles pouvant un
jour djpasser celles de
l’homme, seraient capables
de rjfljchir par elles-mk-
mes.
quoi ressemblerait
un monde dominj par des
machines D l’intelligence
hors du commun¶ Serons-
nous dans ce cas au para-
dis ou en plein cauche-
mar¶
Dans son article intitulj
¹De la mjmoire extjriori-
sje D la mjmoire prophjti-
que ¹ qui a jtj publij il y a
djjD vingt ans, Daniela
Cerqui Ducret rappelle
que ¹si l’extjriorisation est
(o) constitutive de la na-
ture humaine et fait la su-
pjrioritj de l’homme sur le
reste du monde vivant, il
existe njanmoins une sorte
de volontj djmiurgique
qui entrane l’homme D re-
pousser toujours plus loin
ses possibilitjs, comme s’il
jtait un ktre djficient que
la technique se doit d’amj-
liorer. Toute nouvelle dj-
couverte scientifique en-
trane en effet de nouvelles
questions et, (o), toute
nouvelle connaissance doit
pouvoir se traduire sous la
forme d’une nouvelle in-
tervention de la technique
sur l’organisme humain ¹.
Depuis la nuit des temps,
l’homme a ainsi poursuivi
ce que le philosophe Gas-
ton Bachelard (1884-196Ó)
nomme le ¹complexe de
Promjthjeº, qu’il djfinit,
dans le premier chapitre de
son essai ¹ a Psychanalyse
du feuº, en ces termes:
¹Nous proposons donc de
ranger sous le nom de
complexe de Promjthje
toutes les tendances qui
nous poussent D savoir au-
tant que nos pmres, plus
que nos pmres, autant que
nos matres, plus que nos
matres. Or, c’est en mani-
ant l’objet, c’est en per-
fectionnant notre connais-
sance objective que nous
pouvons espjrer nous met-
tre plus clairement au ni-
veau intellectuel que nous
avons admirj chez nos pa-
rents et nos matres. (o)
e complexe de Promjthje
est le complexe d‘#dipe
de la vie intellectuelle ¹.
Or, la plupart des interprj-
tations de ce mythe se fo-
calise sur la cause - l’oubli
d‘ pimjthje qui n’a rien
donnj aux hommes, ou sur
la consjquence q le ch@ti-
ment perpjtuel du titan
dont le foie est djvorj cha-
que jour par un vautour et
se rjgjnmre la nuit, du ges-
te gjnjreux de Promjthje.
Bachelard, quant D lui,
n’accorde d’importance
qu’D l’action de ¹voler le
feuº: il djtecte dans le dj-
sir de domestiquer le feu
une source inconsciente
des efforts de l’esprit scien-
tifique, un souci d’enflam-
mer sans provoquer d’in-
cendie. t ce dans l’idje
que le feu est une grande
image, et que toutes les
grandes images sont ambi-
valentes, extatiques et dan-
gereuses. e feu br×le et
FÏan\ ColoÝÝe
ntelligence artificielle et transhæaniseb
1to«ie oÕ rjalitj
`e `emain¶




