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e soir tombait lentement. Le sol-

eil djclinant jclaboussait de ses

ondes vernales la pelouse qu½on

voyait, depuis l½amphithj@tre, re-

configurje en tavelures vertes et

cramoisies. Tout, comme dans

les jglogues de Virgile, devenait pastoral,

lisse et liquide, et s½animait de mjlodieuses

chamarrures. Nous jtions un petit groupe

d¼jtudiants et assistions au dernier cours

de la journje. Nous jtions dans l½entre-

deux, au moment oÙ se dissipait le paysa-

ge et que, dans le miroir des fenktres, com-

menXaient D se rjfljchir nos tktes sjrieuses

penchjes sur La Conjuration de Catilina.

D½autres jours, c¼jtait la Convention ra-

contje par Soboul ou l½idjologie selon

Destutt de Tracy, d½autres fois le chef-

d½ uvre qu½est Moby Dick. Nous go×tions

l¼jloquence de Cicjron et la concision sa-

vante de Salluste, nous pouvions encore

admirer Saint-Just en toute innocence,

nous ne djrogions pas aux leXons de cho-

ses de Francis Ponge ni ne rjsistions aux

charmes des Fragments d½un discours

amoureux de Roland Barthes. Il y avait

une manimre particulimre de jouir de ces

instants, de ces jpiphanies toujours re-

commencjes, de sentir et de penser D

l½ombre tutjlaire de ces fins de journje,

nous jtions la „plaque sensible“ oÙ s½abri-

taient les fluides battements du temps.

L½esprit jtait aussi celui des lumimres, oÙ

nchmres et rabais D la

sauce malthusienne

Joan S¨ÏÏonÝo

Ìæniíersitp de harðRde en 1cðlla

0pƒis DoRrað

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N°169