n 19È8, la socijtj scljrosje, pour
sauver l½essentiel, devait bien concj-
der quelques rjformes aux jtudiants
en colmre. L½Universitj hors contrle
un court instant fut cependant re-
mise au pas bien vite. Son rle
n½est-il pas de produire das jlites capables de
trouver leur place dans le meilleur des systmmes
jconomiques, pour le djvelopper, sans le met-
tre en question¶
Petit rire jaune. – Un demi-simcle „aprms“, l½Uni-
versitj occidentale est fjrue de rankings. +ui
monte, qui descend¶ La ntre, la luxembour-
geoise djjD dans le top Ó00¶ Merveilleux, fjlici-
tationst
Il est vrai que „nous“ mettons le paquet depuis
Ó00Î. Nulle part ailleurs en Europe on a tant in-
vesti dans la crjation d½un enseignement supj-
rieur nouveau. L½Universitj du Luxembourg,
installje sur son site de Belval, ne manque de
rien, ou presque. Elle attire des enseignants de
plus en plus brillants, et, en bonne logique, un
petit peuple d½jtudiants surdoujs, venus des
quatre coins du monde.
Bologne, l½alma mater studiorum fut fondje en
1088 dans un esprit de rupture. A l½jcole cathj-
drale de l½jvkque devait succjder un enseigne-
ment libre de rechercher, de questionner,
d½analyser, de proposer. Au fil des simcles, les
universitjs europjennes, matresses du savoir D
djvelopper et D transmettre, cultivaient la li-
bertj de penser plus loin, dans toutes les disci-
plines. Elles assumaient pleinement et fimre-
ment leur capacitj d½accjljrer les projets politi-
ques, scientifiques et culturels, tels que la re-
cherche les rendait possibles.
L½imparfait, dans la phrase qui prjcmde, ex-
prime le doute de votre serviteur sur la finalitj
des orientations prises depuis deux gjnjrations
par l½Universitj occidentale. Comment, en effet,
ne pas voir partout la mkme subordination aux
intjrkts premiers de l½jconomie de marchj¶
L½Universitj n½est-elle pas en passe de devenir,
au sein de l½jconomie de marchj, une sorte
d½entreprise examinje et cotje par les agences
de rating privjes¶ Ses ressources ne vont-elles
pas djpendre de faXon croissante de sa capacitj
d½ktre „utile“ au premier degrj, en produisant
les personnels qualifijs exigjs par – oui, le voilD
encore, ce mot – par le marchj, ce Ljviathan
privj, indomptj et fjroce¶
Le savoir et l½usage qui en est fait djterminent
le devenir de la socijtj humaine, universelle.
L½apprentissage, l½accumulation, l½extension du
savoir est un objectif dont la finalitj devrait ktre
cette fameuse socijtj humaniste parfaitement
accessible, mais qui s½jloigne actuellement au
pas de course. Trop grands, trop puissants sont
les intjrkts matjriels en jeu.
L½Universitj trouvera-elle en soi les moyens de
se libjrer, de reprendre ses distances du spon-
soring jconomique¶
Il faut l½espjrer, pour le bien public et l½intjrkt
gjnjral.
trice de µui]
l½1niÛ¼¶
AlÛin -ld
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fit¨rial
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