ne scmne de barricade, des
jmeutiers q ouvriers, bour-
geois, artisans, paysans, en-
fants des rues q, toute une
population bigarrje, armje
jusqu’aux dents que prjcmde
une Marianne en arme elle aussi, coiffje
du bonnet phrygien et brandissant le dra-
peau tricolore.
l’avant-plan, des morts,
on compte un insurgj, un garde suisse, un
cuirassier.
La violence ici reprjsentje a quelque cho-
se de lyrique, d’exaltj, d’hjroque. Vu le
caractmre frontal de la composition, le
spectateur est appelj, de faXon directe, D
se joindre au mouvement. ’est La libertj
guidant le peuple d’Eugmne Delacroix
1Ç8-18ÈÇ®. Le sujet du tableau, „icne
de l’utopie au prjsent“, remarque arolina
1
Brook, est D la fois historique et alljgori-
que. Il commjmore la Rjvolution de 18Î0,
les Trois lorieuses, qui allait renverser
harles 8 accusj d’attenter D la libertj de
la presse, et donc D la libertj tout court.
Un combat sans cesse recommencj, ou
qui devrait l¼ktre. On ne voit plus gumre
aujourd’hui, oÙ partout les libertjs sont
battues en brmche, s¼jmouvoir les peuples
et passer D l’acte insurrectionnel.
Les injgalitjs se creusent, la faim dans le
monde touche de plus en plus de gens, les
guerres toujours absurdes se relayent les
unes les autres, l’oppression est le lot quo-
tidien de plus de la moitij de l’humanitj,
les libertjs, s’il y en a, ne sont qu’une cor-
de tendue entre deux abmes. Partout sj-
vissent les fljaux orchestrjs par quelques
autocrates, exploiteurs et meneurs djpra-
vjs. ean- acques Rousseau, dans le pre-
mier chapitre du ontrat -ocial, notait:
„L’homme est nj libre, et partout il est
dans les fers.“ Rien n’a donc changj. On
le remarque D l’exemple de la presse ou
d’autres organes d’informations. +uand ils
ne sont pas censurjs ou purement et sim-
plement interdits, ils sont gangrenjs de
l’intjrieur par la djsinformation, les fake
news et les vjritjs alternatives. Depuis le
temps qu’on vante, sur le ton irjnique, les
bienfaits du progrms et les conquktes de la
djmocratie, force est de constater qu’on
n’en a toujours pas fini avec l’obscurantis-
me et l’arbitraire. ’est l’image que je gar-
de de l’annje jcoulje.
Dans nos riantes contrjes, le tout sjcuri-
taire justifie, sans autre forme de procms,
les atteintes de plus en plus graves aux
droits fondamentaux.
quoi, il convient
d’ajouter les retombjes njfastes de ce que
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ean 1¨ÏÏente
LeÓ ferÓ de la lRertp
8
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N°164




