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’étaient des statues monumen-

tales, d’extraordinaires sculptu-

res d’une hauteur de trente à

cinquante mètres, datant pour

les plus anciennes du IVème

siècle. Elles représentaient le

ouddha. En Óää£, les talibans ont trouvé

intelligent de toutes les détruire à l’explo-

sif. De Óä£4 à Óä£x, les extrémistes de

l¼ tat islamique ont pris le relais pour sac-

cager de façon irrémédiable vingt-huit mo-

numents historiques à Ninive,

atva,

Mossoul, Racca, Palmyre. Ils s’en sont

également pris à des sanctuaires chrétiens

et musulmans. Des ouddhas de âmiyân

au temple de aalshamin, on a vu ainsi sé-

vir une culture de la dévastation, que la di-

rectrice de l’1nesco, Mme Irina oŽova,

n’a pas hésité à qualifier de „génocide cul-

turel“.

Sans doute beaucoup d’entre nous n’au-

raient-ils jamais fait le voyage pour visiter

ces hauts lieux de la civilisation, mais

nous savions que ces merveilles existaient,

qu’elles faisaient partie, au titre de patri-

moine cultuel et culturel de l’humanité, de

ce qu’André Malraux appelle notre „mu-

sée imaginaire“, musée qui, à des degrés

divers, participe de ce qui forme la sensibi-

lité et la connaissance de tout un chacun.

On peut n’avoir jamais lu Platon et pour-

tant tomber amoureux, aimer, céder aux

sirènes de la passion, sans savoir que no-

tre conception de l’amour nous vient di-

rectement du „ anquet“. Il en va ainsi des

 uvres d’art et des monuments anciens.

Ils continuent de signifier, même de ma-

nière souterraine, et dressent des ponts en-

tre les différents âges dans l’invention et le

devenir des civilisations. En ce sens, on

peut considérer que le patrimoine, qu’il

soit matériel ou immatériel, constitue le

legs qu’ont laissé les parents, les anciens,

qu’il est l’héritage dont nous sommes les

dépositaires, dont nous sommes redeva-

bles et responsables. Or que constate-t-on,

c’est que le patrimoine, métamorphosé par

le temps, témoigne de la volonté qu’ont

eue les générations qui ont précédé la nž-

tre d’ajouter à la beauté du monde, ce que

Marguerite 9ourcenar appelle, de façon

magnifique, leur „collaboration intelligen-

te avec l’univers“. Ainsi le patrimoine est-

il le dépžt et la manifestation tangibles

d’une quête toujours recommencée de

plus haute spiritualité. Il est un appel et

une exigence de civilité, une nécessité au-

tant esthétique que morale, une seule pro-

testation contre le temps et la mort, ce

supplément d¼âme, ou comment le définir,

LiµÕidations

aÛant vermetÕre

oan 1¨rronÝo

o RradaƒoÓ dÌart on RradorioÓ do patrimoino

Palmyre

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N°165