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\\e£t aigu
N°167
nd you all know, security is
mortals‘
chiefest
enemy
(Macbeth). Hjcate, cheftaine
des sorcimres, ne parle pas de
la vraie sjcuritj, mais du sen-
timent de sjcuritj gjnjrj par
les prophjties ambiguls des trois sorcim-
res.
Hjcate est aussi la djesse lunaire qui sym-
bolise la mort. Ses copines lunaires sont
Artjmis et Sjljnj, symbolisant respective-
ment la naissance et la maturitj. Depuis
tout gosses, nous savons que seule la mort
est injluctable.
Macbeth n‘jchappe pas D son sort. a rai-
son lui montre le caractmre jphjmmre et
djnuj de sens de l’existence, l’instinct lui
commande de lutter jusqu‘D la fin.
De quoi avons-nous le plus peur, de per-
dre la vie ou de perdre la libertj? Pou-
vons-nous marchander l’une contre l’au-
tre? Sont-elles vraiment antinomiques?
e propre du pouvoir est de surveiller sans
ktre surveillj. Aurions-nous une loi nous
permettant de surveiller les conseils de
gouvernement et la vie privje des gens de
pouvoir, nous raterions encore les arran-
gements de couloir ou de salon.
+u’est-ce que la sjcuritj? Un beau nom,
une illusion. a libertj, pareil. n rjalitj
nous n’avons ni l’une ni l’autre.
ous savons, sans trop y penser, que nous
sommes mortels. a seule permanence est
l’impermanence.
ous savons moins que nous ne sommes
pas libres. es neurosciences nous appren-
nent que le libre arbitre est un leurre.
t aprms? ’individu est vulnjrable tout au
long de sa vie, l’humanitj tout au long de
son histoire. ’individu disparatra s×re-
ment, l’humanitj aussi, un jour ou l’autre.
Sur quoi compter? e rythme du soleil, de
la lune et des saisons, les cycles d’obli-
quitj-excentricitj-prjcession de la Terre,
la djrive des continentso assez faciles D
prjvoir. Pour le reste, il vaut mieux ktre
prkt pour l’inattendu.
otre sjcuritj militaire? ’ urope djs-
unie, sans l’Otan, djsumte selon le prjsi-
dent le plus puissant du globe, est une
proie facile.
es droits fondamentaux sont consignjs
dans de beaux textes. eur rjalisation dj-
pend de moyens dont nous sommes dj-
pourvus pour la plupart.
e peu de moyens dont nous disposons,
nous les devons D la science et D la techni-
que. e scepticisme que certains leur por-
tent n’est pas signe de maturitj.
+uels sont les vrais djfis? ,endre le
monde habitable, jliminer les djchets, pa-
rer au rjchauffement interglaciaire, dispo-
ser d’eau potable, nourrir la population,
prjvenir les jpidjmies, accueillir les mil-
lions de migrants, occuper les millions de
chmeurs, tenir D jour les infrastructures
de la vie civilisje, gjrer les milliards des ri-
ches et les dettes des pauvreso
ous croire D l’abri reviendrait D jouer le
rle de Macbeth. Croire que les accidents
n’arrivent qu’aux autres, n’est pas signe
d’intelligence.
a sjcuritj et la libertj que nous avons,
nous la devons D nous-mkmes, D notre vigi-
lance, notre prjvoyance, notre coopjration.
Si nous ne pouvons jviter la catastrophe,
prjparons au moins l’aprms-catastrophe.
Si l’O U n’arrive pas D jviter les guerres,
qu’elle en rjpare les consjquences. ous
avons la Banque mondiale, pourquoi pas
l’Assurance mondiale? ’assurance est une
jpargne et une solidaritj bien organisjes, une
libertj et une sjcuritj tout D fait concrmtes.
’Homme n’a pas que des droits. ’article
premier des Droits de l’Homme prjtend que
les ktres humains sont doujs de raison et de
conscience et doivent agir les uns envers les
autres dans un esprit de fraternitj.
,aison et conscience sont mal rjparties. OÙ
sont les surdoujs capables de rappeler aux
responsables politiques leur devoir de frater-
nitj?
.aæl eer
hsreÓ ÄæeÓti¨nÓ et a||irati¨nÓ ratæiteÓ
GooÀÀ a}i ÀoÌÃ di
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