S.x
cce£t aiu
poser µue c¼jtait ce µue l½on entendait
alors par la notion de „troisimme voie“ de
l½utopie rjvolutionnaire.
e sera pour tous les temps la maljdiction
des rjvolutions, des idjologies, de la sou-
mission volontaire et du conformisme
µu½elles commandent, de se substituer jus-
µu¼D l½absurde D la simple rjalitj et, pour
cette raison, de manµuer cruellement
d½humanitj. Utopiµues, drapjes d¼jlans
romantiµues, furieusement moralistes,
ubuesµues souvent, les rjvolutions, µuand
elles s½institutionnalisent, se transforment
en religions avec leur clergj, leur orthodo-
xie et leurs hjrjsies. ½est Saint-Just µui
chante la vertu rjpublicaine µue l½esprit
critiµue,
mais honni,
conduit D l¼jchafaud,
c½est le omitj de salut
public µui djcrmte d½arre-
station le tout-venant et
creuse le sillon de la ty-
rannie, dont Robespierre
est l½artisan. ½est Ljnine
µui ouvre les premiers
goulags et Hitler µui, dms
la prise de pouvoir, mul-
tiplie dans toute l½Alle-
magne les camps de con-
centration. La djmocra-
tie n½est jamais le but de
la rjvolution, ce n½est pas
la crjation de l½abbaye de
Thjlmme, c½est le camp.
L½essence de la vjritj n½y
est pas la libertj, c½est
l½imaginaire totalitaire de
l½jgalitj, µui sjpare ce
µui est juste de ce µui est
injuste, pur de ce µui est
impur.
½est cet imaginaire µui
conduit, sans solution de
continuitj, le rjvolution-
naire marxiste Mussolini,
comme tant d½autres, au
fascisme, parce µue dans
une telle optiµue il n½y a
pas de contradiction: le
combat pour la vertu est
une mystiµue. Elle hante
Saint-Just („Je mjprise la
poussimre µui me compo-
se et µui vous parle.“)
comme elle obsmde Drieu
La Rochelle ou Brasil-
lach et jline. e genre
de mystiµue veut µue,
pour opjrer la rjvolution
des m urs, pour trans-
former et inventer l½hom-
me nouveau, on jlimine
d½abord tout ce µui est ju-
gj indjsirable, ensuite
µu½on jduµue et rjjdu-
µue les forces vives d×-
ment
sjlectionnjes.
Saint-Just prjconise, sur
le modmle de Lycurgue, d½enrjgimenter la
jeunesse pour fabriµuer le combattant ver-
tueux de la Rjpubliµue une et indivisible,
Joseph Darnand, le chef de la milice, cjlm-
bre l½esprit SS: „L½esprit SS n½est plus alle-
mand; c½est la nouvelle @me commune des
jeunesses europjennes.“ Tous les rjgimes
totalitaires ont pour prioritj l½asservisse-
ment - on n½ose dire le reformatage - de la
jeunesse. e sont les mots d½ordre µue
Mao Zedong adresse D la jeunesse µui dj-
clenchent la sanglante „rjvolution cultu-
relle“.
De fins esprits, aurait jcrit Saint-Just, trou-
vent toujours assez d½arguments pour jus-
tifier l½injustifiable, la terreur rjvolution-
naire et ses milliers, voire millions de
morts. ½est ce µu½on appelle le djni de
rjalitj. Mais Paul Valjry nous a prjvenus:
l½Histoire n½enseigne rien. On le constate,
pour en revenir D Fidel astro, dans les
djclarations cyniµues et obsjµuieuses de
M. Mjlenchon ou de Mme Sjgolmne Royal
µui, µuant D elle, affirme µu½il n½y a pas de
prisonniers politiµues D uba. Jusµu½oÙ ne
va pas la djnjgationt Que n½est-on pas
prkt D djfendre au nom de ses alljgeances
coupables et intjressjest ela rappelle la
djclaration ahurissante de Georges Mar-
chais vantant, D Moscou, le „bilan positif“
du communisme, malgrj persjcutions, rj-
pression, goulags, et, au moment mkme de
cette sortie triomphante,
invasion de l½Afghanis-
tan. On aurait tort de
prendre ce genre de parti
pris D la ljgmre, car dans
le sens profond du terme
et dans une perspective
beaucoup plus radicale,
l½idjologie, µu½elle soit
marxiste-ljniniste, mao-
ste, salafiste, n½est adop-
tje µue pour une seule et
mkme raison: le permis
de tuer, le permis d½ex-
ploiter, de persjcuter et
donc de tuer. L½idje µue
le mal, sous le couvert
de la foi, du progrms, du
sens de l½histoire, du
bien, puisse rester impu-
ni, expliµue la sjduction
µu½il exerce. On l½obser-
ve dans ce µu½a jtj le na-
zisme ou dans le terro-
risme islamiste au-
jourd½hui. Beaucoup de
fumeuse rhjtoriµue, de
proclamations, de prjdi-
cations,
d½anathmmes,
mais des crimes bien
rjels. En £Èä, FranXoise
Sagan pouvait jvoµuer
„l½humanitj“ de astro
et prjtendre µu½il „a hor-
reur du sang“, elle
avouait pourtant sa sur-
prise: „ astro avait pro-
mis de se prjsenter aux
jlections un an aprms sa
prise de pouvoir et il ne
l½a pas fait. Les reprjsen-
tants des syndicats ont
jtj remplacjs par des
hommes de astro; les
journaux ont jtj saisis, il
n½y a plus de presse libre
et les rjsultats sont com-
me toujours conster-
nants.“ e njtait µu½un
djbut, on sait la suite.
Hasta la victoria, siem-
pret
Louis ntoine de 0aint ust (¯×Ø×¯×¤)




