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i le but ultime de la vie humaine est

„l½atteinte du bonheur et la diminu-

tion de la souffrance“ (Epicure, Lu-

crmce), l½un des moyens pour y par-

venir en socijtj est la Rjvolution.

Elle porte mille visages et prend au-

tant de formes; elle peut ktre spontanje ou or-

chestrje.

L½auteur de ces lignes a vjcu Èn: pas de carna-

ges, peu de sang mkme, mais µuel choc pour les

mentalitjs scljrosjes, µuel vent de libertj(s) le-

vj par les jmeutes na‹ves des jtudiants pari-

sienst - Non, n½ouvrons pas la discussion sur les

„bilans“ socijtaux, jconomiµues, culturels de

l¼jvjnement. Les sociologues et les historiens

n½ont pas encore terminj l½autopsie, mais au tj-

moin, au participant, il apparaŠt clairement µue

c¼jtait dans la nature des choses. Nulle person-

ne, pas mkme (ou surtout) de Gaulle, n½aurait

pu l½empkcher, cela couvait depuis longtemps,

depuis µue l½absence de bonheur et la prjsence

de la souffrance dans le monde et sur le pas de

porte jtaient visibles, incontournables.

Toute rjvolution se fait pour plus d¼jgalitj (de-

vant la loi), plus de libertj (pour ktre soi) et

plus de fraternitj (entre les gens). es trois ob-

jectifs cardinaux, proclamjs par la Rjvolution

franXaise, rjsument D eux seuls les rkves de

l¼ktre humain µuand il se veut bon. Tous les rj-

volutionnaires de tous les temps, mkme les plus

sanguinaires, aspiraient D la bontj et D la justi-

ce. omment tant de rjvolutions ont-elles pu

produire, D la fin des comptes, des systmmes po-

litiµues ouverts aux abus des puissants et des

nantis?

Presµue tous les Etats modernes sont njs d½une

ou de plusieurs rjvolutions. Les USA, l½ancien-

S

ne URSS, l½Italie, la France, la hine et l½Inde,

la orje du Nord, toute l½Amjriµue latine, tou-

te l½Afriµue, tout l½est europjen. – Le Luxem-

bourg, lui, fait part des rares pays indjpendants

µui n½ont jamais connu la guerre civile, les bar-

ricades, l½immense douleur semje par les com-

bats et leurs cousins, les rmglements de comptes.

hez nous, la rjvolution est discrmte, rampante.

Elle n½a pas la prjtention de renverser le „systm-

me“ jconomico-politiµue ( dont les Luxem-

bourgeois s½accommodent fort bien) mais de

changer la donne dans le domaine socijtal. Jus-

µu½aux annjes Çä du simcle dernier, le Grand-

Duchj archi-conservateur restait D la traine

pour la modernisation des lois µui se refmrent D

l¼jthiµue et la morale, le catholicisme romain

pesant comme une chape de plomb sur la vie

courante. Le processus d¼jmancipation et

d½afranchissement a pris de la vitesse non pas

avec, mais aprms Èn: retard oublij, et sans im-

portance aujlourd½hui.

Aujourd½hui, la rjvolution luxembourgeoise D

faire et D rjussir est de comprendre l½arrivje des

„jtrangers“ (µui sont des Europjens D ™ä¯)

comme une chance extraordinaire. En effet,

sans les nombreux apports professionnels et

culturels des immigrjs et des frontaliers, ap-

ports µui renforcent et µui dynamisent le pays,

ce dernier chuterait au rang d½une µuelconµue

province pjriphjriµue de la grande Allemagne,

deviendrait un Gau sans en porter le nom, vi-

brerait avec le foot, la bimre, les chants et les

primres du puissant voisin.

L½intjgration de l½autre, le partage avec lui de la

nouvelle identitj nationale, celle µui naŠtra

comme naissent les choses dans la nature, sera

la plus belle des rjvolutions contemporaines en

Europe. N½en doutons past

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