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S.£Ó

cce£t aiƒu

re est vrai: la rjvolution d½Octobre a fait

une dizaine de victimes le moment mkme.

La somme des victimes, suite D la contre-

rjvolution brutale, soutenue par les inter-

ventions militaires de l½extjrieur (£n pays

impliµujs), s½jlmve par contre D des milli-

ons. Mais ceci est D mettre sur le compte

de vraies guerres, intjrieures et extjrieu-

res. Encore un mot sur Staline et les milli-

ons de morts D mettre sur son compte, no-

tamment les millions de gens morts de

faim en Ukraine, souvent mentionnjs

suite D la crise ukrainienne. Il y a eu ces

millions de morts, hjlas; le chiffre exact

n½est pas clair du tout entre experts, ni la

motivation. Il n½est d½ailleurs pas possible,

raisonnablement, en histoire de djcrjter

µu½il y a eu, mettons, { millions de morts,

et puis fini. Mais le point n½est pas lD. Le

point est µue nous associons Staline avec

ces millions de victimes, D juste titre. Mais

nous n½associons nullement p. ex. M.

hurchill avec les millions de morts µu½il a

laissjs sur son parcours. Et cela notam-

ment sur le continent indien sous domina-

tion britanniµue D l½jpoµue. Pourµuoi?

es millions d½Indiens morts, et il s½agit de

nombreux millions, suite D des djcisions

du gouvernement britanniµue seraient-ils

moins morts µue les Ukrainiens sous Stali-

ne? Nous n½en n½avons pas entendu par-

ler, donc cela n½existe pas? Non, le problm-

me est µue l½on ne nous en parle pas. Les

victimes existentt La mkme chose est vraie

pour des Amjricains µui ont comme nom

McNamara, Kissinger, etc. Des millions de

mortst McNamara, sur le tard, a regrettj

publiµuement. Pour Kissinger, on attend

toujours.

o˜ÌÀi‡ÀjÛoṎo˜Ã

elui µui dit rjvolution dit contre-rjvolu-

tion, en tout cas en ce µui concerne les rj-

volutions politiµues. En effet, la Rjvoluti-

on franXaise a jtj suivie rapidement par

des contre-rjvolutions tel µu½indiµuj ci-

dessus. Et mkme la premimre rjvolution,

l½Amjricaine, a eu sa contre-rjvolution,

djjD bien cachje dans sa constitution. Le

principal auteur de cette constitution,

James Madison, n½a-t-il pas dit µue la con-

stitution doit protjger la minoritj de ri-

ches contre les convoitises de la majoritj

de pauvres? La constitution amjricaine

prjservait mkme les intjrkts des esclava-

gistes, les droits des Noirs n½y jtaient nul-

lement mentionnjs; les Noirs n½y figurai-

ent tout simplement pas. e systmme con-

tinue de fonctionner D nos jours, le seul

progrms est µue les Afro-amjricains sont

considjrjs par la loi comme des ktres hu-

mains D part entimre depuis £™Ènt Et enco-

ret En matimre de contre-rjvolution tou-

jours, il est intjressant de lire ce µu½en dit

le professeur Jacµues R. Pauwels (Univ.

Toronto, jmjrite) dans son livre „The

Great lass War £™£{-£™£n“ de Óä£È.

Pour Pauwels, compte tenu des progrms ir-

rjsistibles des idjes socialistes en Europe,

la guerre de £{-£n jtait une occasion bien-

venue pour les classes dirigeantes (armje,

jglises, magistrature, entrepreneurs, etc.)

pour ramener les masses populaires D la

raison, c. D d. dans un cadre social oÙ, d×

D la guerre, le conscrit obtempmre aux ord-

res de son supjrieur, sinon, cour martialet

Les ouvriers dans les usines travaillent

pour les besoins de l½Etat en guerre, sans

revendications concernant la rjmunjrati-

on et les conditions de travail, les syndi-

cats ayant acceptj majoritairement de jou-

er le jeu. Pauwels sait bien µue la Grande

guerre avait d½autres raisons, notamment

gjopolitiµues, dans un monde colonial,

avec comme but l½hjgjmonie jconomiµue.

Mais il a raison de souligner, D la fin de

son livre, comment, depuis la djsintjgrati-

on de l½Union sovijtiµue, cette contre-rj-

volution continue, comment les droits des

travailleurs, obtenus essentiellement lors

des luttes sociales avant le guerre de £{-£n

et entre les deux guerres, sont rjduits sys-

tjmatiµuement. ela porte aujourd½hui le

nom de rjformes: rjforme des retraites, rj-

forme du systmme jducatif et de celui de la

santj, rjforme du droit du travail. elui µui

veut une belle illustration de ce µui est D

l½ uvre n½a µu½D regarder en ce moment du

cžtj de nos voisins franXais. Et cela malgrj

l½exemple des plus instructifs de nos voisins

allemands µui ont fait des avancjes jnor-

mes, depuis dix ans, dans la prjcarisation

du travail combinje avec une subvention

ouverte ou cachje du monde de l½entrepri-

se, de la grande entreprise.

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a }Àa˜di…ˆÃÌoˆÀi

…Õ“aˆ˜i

Au delD des rjvolutions politiµues, et des

rjvolutions technologiµues µui nous sont

familimres, 9uval Noah Harari, professeur

d½histoire D l½Universitj hjbra‹µue D Jjru-

salem, jlargit le cadre et examine dans son

livre

Sa«iens] a rief istœrÞ œf uman‡

Žind

(Óä£x) les rjvolutions antjrieures µui

ont formj et transformj de fond en com-

ble la vie des humains. Pour Hariri, notre

espmce, l½Homo sapiens, a pu s½imposer

sur cette planmte gr@ce D µuatre grandes rj-

volutions µue nous rjsumons ci-aprms. La

premimre de ces rjvolutions est la rjvoluti-

on cognitive. Elle a permis en effet D notre

espmce de surpasser, et en fin de compte

d½jliminer, les autres espmces humaines sur

cette terre, comme le Njanderthalien, gr@-

ce D notre capacitj de vivre en plus grands

groupes, djpassant le nombre de cinµuan-

te individus. ette cohabitation amplifije

a jtj rendue possible par notre nouvelle

capacitj d½imaginer du fictif commun,

comme les dieux, la socijtj

p.ex.

½est l½in-

vention des mythes unificateurs, vers Îää

äää avant notre mre, µui a rendu possible

la constitution de grands groupes et donc

la domination des Sapiens. La deuximme

grande rjvolution, selon Hariri, est la rj-

volution agricole, vers £ä äää av. n. m. et-

te transition de la vie des chasseurs-cueil-

leurs vers une vie sjdentaire d½jleveurs-

agriculteurs a permis d½approvisionner des

groupes de personnes autrement plus im-

portants. ½est D partir de ce moment-lD

µue la crjation et l½approvisionnement des

grandes villes comme celles de la Mjsopo-

tamie (Irak actuel) sont devenues possi-

bles. Et l½humanitj est passje de x millions

D Óää millions. Pour Hariri, l½homo sa-

piens a jtj arnaµuj lors du passage vers la

vie sjdentaire; il aurait perdu beaucoup en

µualitj de vie, sa vie et sa nourriture jtant

devenues nettement plus monotones et

moins sainest Une troisimme rjvolution est

celle de l½unification de l½humanitj D partir

du 8VIe simcle aprms la djcouverte des

Amjriµues. Les communautjs savent µu½il

existe un monde global au-delD de leur ter-

ritoire. L½jljment unificateur de l½humani-

tj sur les cinµ continents devient alors la

monnaie (oui, djjDt), mythe lij D la pre-

mimre rjvolution, celle dite cognitive, men-

tionnje ci avant. A partir de lD, l½homme

fonce vers la dernimre grande rjvolution,

celle du savoir. ette rjvolution scientifi-

µue est, selon Hariri, le rjsultat d½un aveu

d½ignorance µui a rendu les explorateurs

du 8VIe simcle et les scientifiµues du 8I8e

simcle en jtat d½aller de djcouverte en dj-

couverte. De lD sont issues jgalement les

rjvolutions industrielles, celles de la va-

peur, du pjtrole et de l½jlectricitj, de l½in-

formatiµue.

˜dˆÃ«i˜ÃaLiÃ

Le grand intjrkt de ce livre „Sapiens“ est

µue l½auteur ose projeter vers l½avenir le

stade actuel de nos connaissances et le ni-

veau des moyens mis en uvre en matimre

de djveloppement technologiµue. Il est

convaincu µu½un nombre rjduit de gens

trms influents ont comme objectif ultime

de surpasser la dernimre limite de l½existen-

ce humaine, D savoir le phjnommne du vie-

illissement et donc la mort. Hariri voit

trois voies possibles, toutes en cours d½ex-

ploration D l½heure actuelle: les applicati-

ons du gjnie gjnjtiµue afin de crjer de

nouveaux individus aux capacitjs surhu-

maines; le fabrication d½ktres dits cyborg,

oÙ les ktres humains sont compljtjs par

des appareils bioniµues; et enfin, des ktres

inorganiµues, µui sous forme de program-

mes informatiµues peuvent devenir des

formes intelligentes, et surtout avec cons-

cience et mjmoire, capables de supplanter

Homo sapiens.Hariri n½est pas ravi de ces