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\\e£t aigu

N°162

£Ó

es campagnes jlectorales ont

toujours un cžtj ubuesque: on

fait semblant d½aborder les sujets

sjrieux, on s½efforce de donner

des gages D toutes les composan-

tes et D tous les acteurs de la vie

publique, on drape d½alibis progressistes

les rjformes les plus ridicules, partout on

se contente de ne changer que les jtiquet-

tes et on rjpmte le mot d½ordre rousseauis-

te: „ cartons les faitst“

On ne va tout de mkme pas djbattre du

CETA, rendre les traitjs europjens re-

sponsables de l½austjritj, contredire les

jconomistes et les financiers arrogants as-

sis sur leurs lingots d½algorithmes, soutenir

que partout oÙ passe le FMI, on peut s½at-

tendre tout ou tard D des reprjsailles et D

des mesures punitives contre le salarij et

le contribuable. On ne va pas non plus

humilier, dans leurs justes revendications,

les mouvements fjministes et accuser leur

police idjologique de promouvoir l½jpura-

tion, ni froisser la communautj musulma-

ne au nom de l½islamisme et indigner les

islamo-gauchistes sous prjtexte d½islamo-

scepticisme. Mettons prudemment tous les

sujets litigieux sous le boisseau, positivons

et promettons des ch@teaux en Espagne.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur

des mondes, si l½jnergie qu½on djpense et

l½argumentation souvent hypersophisti-

quje qu½on djploie ne rendaient ces dis-

cours obscurs et inaudibles. Prenons

l½exemple des rjfugijs. Faut-il les accueillir

D bras ouverts? La rjponse est tantžt oui,

tantžt non. La majoritj des gens semble

contre: ces jtrangers qui viennent voler le

pain des honnktes gens, imposer leurs

coutumes et leurs croyances, semer la ter-

reur, etc. En attendant, passeurs, instituti-

ons ou administrations font de la migrati-

on un juteux marchj: enfants exploitjs,

femmes violjes et prostitujes, maltraitan-

ces, violences, c½est aussi la Mjditerranje,

mare nostrum, transformje en un immen-

se cimetimre. Les djcideurs europjens qui

n½ont de leXon d½humanisme D recevoir de

personne, promettent d½agir, mais ne font

– presque – rien. Comme dirait Nietzsche,

il n½y a pas de faits, seulement des inter-

prjtations.

C½est en l½occurrence le cas des sujets ta-

bous, comme le gravissime conflit israjlo-

palestinien. Dans ce cas de figure qui, de-

puis des djcennies hante la scmne interna-

tionale, on prjfmre nettement le grand

jcart et les acrobaties dialectiques. Faire

passer une djmocratie pour un ramassis

de racistes et leurs ennemis, la charia sous

le bras, pour des redresseurs de torts, est

un tour de force qui ne peut ktre qu½admi-

rj. D½un cžtj une politique de la colonisa-

tion D outrance, de l½autre une charte qui

pržne la destruction d½Israll. LD, une inso-

lente tentation impjrialiste, ici un mouve-

ment inspirj des Frmres musulmans, dont

le grand idjologue, Sayyid +utb, trouve la

libertj ainsi que l½jmancipation fjminine

tout simplement „bestiales“. C½est merveil-

le. Le fondamentalisme, c½est comme l½hy-

dre de Lerne, on a beau faire, on n½arrive

pas D bout de ses immondes tktes carnas-

simres. Remarquons tout de mkme le mys-

tmre qu½est le soutien militant qu½appor-

tent, en Occident, les hjrauts islamophiles

D des mouvements ouvertement fascisants.

Il faut reconnaŠtre que, si le terrain est mi-

nj, l½imposture et le cynisme y trouvent ai-

sjment leur compte.

Il est vrai que la droitisation politique est

gjnjrale, un peu partout Xa se fascise fu-

rieusement. Les rjgimes fascistes, que par

euphjmisme on appelle autoritaires, ou

ceux qui en prennent la tournure, ont de

nouveau pignon sur rue. En Europe, aux

tats-Unis, en Amjrique latine, en Russie,

en Chine, dans les pays musulmans, c½est

le mkme refrain, gouvernants et gouvernjs

glissent, en connaissance de cause, vers la

rjpression, l½oppression, la soumission vo-

lontaire. La question du droit, des droits

humains, des libertjs, du bien vivre, est

devenue - a-t-elle jamais jtj autre chose -

tout D fait accessoire. Tocqueville nous a

prjvenus: les rjgimes djmocratiques peu-

vent eux aussi virer au despotisme. C½est

alors le retour de l½intoljrance, de la cen-

sure, de la bureaucratie tracassimre et kaf-

ka‹enne. Dans les pays djjD gangrenjs, le

fichage de tout un chacun est devenu la

rmgle, les arrestations arbitraires se multi-

plient, la torture se banalise, les condam-

nations iniques pleuvent comme D Grave-

lotte, le tout sjcuritaire justifie les stratj-

gies d½oppression et les jtats d½exception.

En Turquie, le djni de justice va bon train.

On l½observe dans la mise en coupe rjglje

de la presse et des mjdias, dans les pour-

suites engagjes contre les journalistes, mk-

mes jtrangers, ou leur assassinat. On ne

tolmre plus que la presse de propagande et

de caniveau – c½est souvent la mkme chose

–, D laquelle les rjseaux sociaux, le „on“

anonyme planjtaire, se plaisent D faire

jcho. D½oÙ les djclarations D l½emporte-

pimce de M. Donald Trump, les man uv-

res tortueuses de M. Poutine au Proche-

Orient, l½incroyable impunitj dont jouit

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es ípritps alternatiíes

e calvaire des 0ohingðas