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N°162
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prms les jlections municipa-
les, la classe politique de no-
tre pays se prjpare pour les
jlections ljgislatives de l½an-
nje prochaine. A voir tant de
candidats, surtout dans les
partis bien jtablis, se pousser au portillon
pour en faire partie, laisse penser que les
postes politiques de maire, de conseiller
communal, de ministre ou de djputj ont
un attrait tout particulier. Connaissant
l½ktre humain, on peut supposer que tous
ne sont pas mus par le besoin de servir
leurs concitoyens en sacrifiant leur temps
et leurs compjtences pendant de longues
annjes. Une exception constitue pro-
bablement les petits partis qui veu-
lent encore changer quelque
chose. Mais les gjnjrati-
ons de politiciens, de pm-
re en fils ou fille sont-el-
les dues D une gjnjro-
sitj, un altruisme et
une compjtence hj-
rjditaires? Ou bien
sont-elles plutt le
rjsultat de la ljgation
d½un savoir-faire spj-
cifique, de carnets
d½adresses et d½ambi-
tions, celles-lD bien
ancrjes dans les gk-
nes? Nous consta-
tons en parallmle, une
certaine lassitude de
la chose politique au-
prms du peuple, lassi-
tude qui se manifeste
soit par un djsintj-
ressement complet,
soit par des choix de
protestation.
Comme il est toujours
utile, dans ce genre
de rjflexions, de se
tourner vers l½histoire
des ktres humains, re-
gardons du ctj des
„inventeurs de la dj-
mocratie“, chez les
anciens Grecs, com-
ment eux ils ont ab-
ordj le problmme des
jlections aux foncti-
ons publiques. Et ce
sera l½occasion de prj-
senter un instrument
vieux de plus de 2500
ans, une machine D voter qui nous sur-
prendra par sa simplicitj et son efficacitj,
le „klmrtmrion“.
Platon dit ce qui suit: „On admet qu½est
djmocratique le fait que les magistratures
soient attribujes par tirage au sort, oligar-
chiques le fait qu½elles soient pourvues par
jlection.“ Et un autre grand philosophe
grec, Aristote, d½ajouter dans Politique
VI®, un simcle plus tard: „Voici le genre de
mesures qui sont djmocratiques: que tous
choisissent les magistratures parmi tous,
que tous soient magistrats de chacun, et
chacun D tour de rle de tous, que
les magistratures soient tirjes
au sort, ou bien toutes, ou
bien celles qui ne deman-
dent ni expjrience ni
compjtence.“
oVÌoiiÌ
di a djoVÀaÌi
aÌ jii
Paul Demont, professeur D la Sorbonne,
nous apprend qu½Athmnes, citj tat com-
prenant toute l½Attique, avec des distances
allant jusqu½D 70 km du centre, jtait orga-
nisje D l½jpoque archaque en quatre tri-
bus, sous la direction des nobles et des ri-
ches. Clisthmne 508É507®, l½un des „chefs
du peuple“, transforme le systmme D partir
des „dmmes“, villages ou communes oÙ les
citoyens sont inscrits D la majoritj. Les dm-
mes, au nombre de 139, sont rjpartis en
30 groupes nommjs trittyes. Chaque trit-
tye comprend en gjnjral de 3 D 5 dmmes.
Les dmmes sont regroupjs en dix nouvelles
tribus qui n½ont plus le mkme sens
qu½avant: chacune est composje de 3 trit-
tyes venant de trois parties diffjrentes de
l½Attique: ville, cte et intjrieur. Les tribus
jtaient donc une composition ou un mj-
lange artificiel des diffjrentes parties de la
citj. Chaque tribu envoie pour un an, par
tirage au sort, 50 de ses membres D l½orga-
ne souverain de la citj, la „Boulm“ ou
„Conseil des 500“. C½est D eux, pendant un
diximme de l½annje, de prjsider aux sjan-
ces de l½Assemblje du Peuple et d½admi-
nistrer la citj. Munis d½un pouvoir limitj,
ils assument les missions d½organisation et
d½encadrement du fonctionnement des in-
stitutions. Cette rjforme, dit Aristote, dj-
truit les liens habituels du voisinage et de
clientmle, et, dit Plutarque, manifestait une
jtonnante volontj d½union civique. Malgrj
quelques heurts, djsormais la djmocratie
fonctionnait gr@ce D ce rjseau D l½intjrieur
duquel les citoyens pouvaient se mouvoir,
non plus comme clients des nobles, mais
comme citoyens jgaux. Les pouvoirs de la
Boulm s½accroissent au cours du Ve simcle.
Avec l½assemblje du peuple, rjunie au
moins tous les mois, et les Tribunaux po-
pulaires, tirjs au sort chaque jour ouvrable
D partir d½une liste de 6000 hjliastes
membres des tribunaux®, eux-mkmes tirjs
au sort pour l½annje, la djmocratie athj-
nienne fonctionne bien, en trms grande
partie par le tirage au sort. A noter que
sont peu D peu crjjes des indemnitjs pour
la participation au Conseil, aux Tribunaux
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