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\\e£t aigu

S. ×

ques placjes aussi loin que possible de

toute forme de contržle populaire. Consi-

djrjs comme volatile et trop peu sensibles

aux prjtendues „njcessitjs“ jconomiques,

les peuples et le suffrage universel devaient

ktre enserrjs dans la cage d½acier d½institu-

tions djvolues autant que possible D l½accu-

mulation du capital.

Il n½est jvidemment pas question ici d½en-

visager la Trilatjrale comme l½auteur d½un

complot contre la djmocratie et contre les

peuples, mais de comprendre que l½agenda

de „dj-djmocratisation“ mis en uvre D

partir de la fin des annjes 19Ç0 ne vient pas

de nulle part : ajustj D des transformations

structurelles, il procmde de rjflexions intel-

lectuelles au sein des classes dominantes et

de djcisions politiques et, pour transformer

les structures politiques des tats capitalis-

tes, il lui a fallu gagner l½adhjsion des gou-

vernements, donc des principales forces

politiques. Or, force est de constater

qu½aussi bien des forces associjes D la gau-

che qu½D la droite - donc l½„extrkme centre“,

pour reprendre une formule pointue englo-

bant le centre-droit et le centre-gauche -

ont concouru D ce tournant autoritaire.

Deux sjries de transformations structu-

relles ont contribuj D la crise de la djmo-

cratie libjrale, renvoyant en chaque cas D

des djcisions politiques dont il ne serait

pas si compliquj de djterminer les auteurs

et les circonstances prjcises pour chaque

pays :

1® La premimre tient de manimre assez jvi-

dente dans la mondialisation njolibjrale

qui, en donnant un pouvoir de plus en plus

important D un acteur spjcifique, la finance

capitaliste, a modifij les rapports de force

entre classes dominantes et classes domi-

njes, mais jgalement entre fractions des

classes dominantes.

L½une des caractjristiques centrales de la

finance djrjglementje et globalisje tient

dans le fait qu½elle tend D jchapper D toute

forme de contržle politique djmocratique.

Elle est d½ailleurs devenue si puissante

qu½elle peut, par la voix d½institutions ven-

triloques q la Banque centrale europjenne,

mais aussi le FMI, l½OMC ou la Banque

mondiale, qui constituent autant de centres

du pouvoir capitaliste, articuljs aux tats-

nations q imposer trms directement les poli-

tiques publiques qui lui sont favorables, en

particulier en exerXant une forme de chan-

tage D l½investissement ou, comme dans le

cas de la Grmce, au financement d½ tats D la

limite de la cessation de paiement. Rien de

trms neuf D dire vrai : ce type de chantage a

toujours constituj l½une des armes princi-

pales dans les mains de la classe capitaliste.

Mais on oublie souvent que des acteurs

identifiables - en particulier des gouverne-

ments - et des actes prjcis ont permis de li-

bjrer la finance des contraintes qui l½enser-

raient depuis l½aprms-guerre, notamment

pour instaurer la libertj de circulation pour

les capitaux, D l½jchelle europjenne mais

jgalement mondiale, jlevant dramatique-

ment le niveau de concurrence entre tra-

vailleurs et entre tats, favorisant un dum-

ping social et fiscal sans limites. La crise fi-

nancimre n½a rien changj D l½affaire de ce

point de vue car il n½y a pas de demi-me-

sure : ou l½on s½affronte D la finance capita-

liste, autrement dit on s½attaque D ses struc-

tures fondamentales en particulier par la

socialisation du systmme bancaire®, ou l½on

en viendra njcessairement D se conformer,

plus ou moins rapidement, D l½ensemble de

ses exigences.

2® La seconde transformation est lije D la

prjcjdente, mais dispose d½une autonomie

relative et d½une trajectoire historique qui

lui est propre : il s½agit des processus d½intj-

gration rjgionale des jconomies capitalis-

tes, en particulier le projet le plus avancj

qui n½est autre que l½Union europjenne

UE®.

Depuis les annjes 19n0, l½UE n½a pas jtj

construite simplement comme un libre

marchj dans lequel doit rjgner une

„concurrence libre et non faussje“. Elle a

jtj b@tie jgalement comme un proto- tat -

dominj par des instances non-jlues Com-

mission europjenne et Banque centrale eu-

ropjenne mais aussi lobbys® q qui ne se

substitue pas aux tats-nations, du moins

pour l½instant, mais s½y articule. force de

djljgations de la part des gouvernements

nationaux, ce proto- tat en est venu D dis-

poser d½une force contraignante, notam-

ment D travers ses cours de justice mais sur-

tout via l½instrument monjtaire.

L½exemple grec de la premimre moitij de

l½annje 2015 a montrj, s½il le fallait encore,

qu½au sein de l½UE, un gouvernement jlu ne

saurait appliquer une politique jconomi-

que n½ayant pas le soutien des gouverne-

ments des principales puissances euro-

pjennes l½Allemagne et secondairement la

France®, mais aussi de la Commission euro-

pjenne, de la Banque centrale europjenne

BCE® ou encore du Fonds monjtaire in-

ternational FMI®, ces dernimres jtant orga-

niquement lijes et soumises® au capital fi-

nancier. Il faut encore se souvenir de la ma-

nimre dont le vote des populations franXai-

ses et njerlandaises contre le traitj de

4n ouvrage G lire dÌurgence (0ource: hussonnet½fr)