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Les centres du pouvoir capitaliste ne parve-

nant pas, par les moyens ordinaires de la

djmocratie parlementaire, D surmonter les

contradictions du capitalisme dans sa

configuration njolibjrale, une pjriode s½est

ouverte de rjgression structurelle des droits

djmocratiques et sociaux conquis par le

mouvement ouvrier au 88e simcle.

Le capitalisme n½a jamais jtj djmocrati-

que en lui-mkme, mkme au sens - tronquj

et hypocrite - de la djmocratie libjrale ou

parlementaire. Rien dans ses structures

fondamentales n½impose l½existence d½un

gouvernement reprjsentatif, du suffrage

universel, des libertjs civiques, et encore

moins de droits sociaux limitant un tant

soit peu l½exploitation, sans mkme parler

d½une djmocratie conXue selon son jtymo-

logie comme pouvoir populaire.

Au contraire, le capitalisme n½a jamais

cessj d½ktre profondjment autoritaire et

anti-djmocratique. Ce qui a pu varier au

cours de son histoire, ce ne fut jamais la

prjsence ou non de l½arbitraire et de la vio-

lence - logjs au c ur mkme du mode de

production capitaliste sous la forme de ce

que Marx nommait le „despotisme

d½usine“, ou plus largement de la subordi-

nation des travailleurs aux proprijtaires ca-

pitalistes -, mais le degrj d½arbitraire du Ca-

pital et le niveau de violence de l½ tat capi-

taliste vis-D-vis des salarijs mais aussi des

petits paysans, dont on sait avec quelle bru-

talitj ils furent et sont® exproprijs. +u½on

re®lise les pages consacrjes D l½accumula-

tion primitive dans le livre 1 du Capital. On

ne saurait donc craindre que le capitalisme

devienne autoritaire, car il l½a toujours jtj.

Mieux, le capitalisme porte en lui l½autori-

tarisme q sous des formes varijes dictatu-

res militaires, rjgimes fascistes, bonapartis-

mes, etc.® q comme la nuje porte l½orage.

L½hypothmse formulje par le politiste Co-

lin Crouch, selon laquelle les socijtjs capi-

talistes avancjes seraient entrjes dans l½mre

de la „post-djmocratie“, a le djfaut de re-

poser sur une vision largement fjtichisje de

la pjriode antjrieure D l½offensive njolibj-

rale les si mal nommjes „Trente glorieu-

ses“®, considjrje comme une sorte d½@ge

d½or djmocratique et social. Or, non seule-

ment cette pjriode ne fut qu½une paren-

thmse dans l½histoire longue du capitalisme,

mais qui oserait dire D ceux et celles qui tri-

maient dans les usines ou sur les chantiers,

aux ouvriers agricoles et aux immigrjs, aux

syndicalistes ouvriers et aux militants anti-

colonialistes, que dans ces annjes l½exploi-

tation jtait plus douce, l½arbitraire patronal

moindre et l½ tat bienveillant D l½jgard des

luttes des exploitjs et des opprimjs¶

Peut-on affirmer pour autant qu½il n½y a

„rien de neuf sous le soleil“¶ Les structures

politiques du capitalisme demeureraient

invariablement autoritaires derrimre le ver-

nis de la djmocratie libjrale¶ Nullement.

Mais les transformations de ces structures

suivent la pente des rapports de force entre

les classes et entre les nations, eux-mkmes

jvoluant au grj des luttes et de leur issue,

mais aussi de la capacitj des classes diri-

geantes D intjgrer politiquement des fran-

ges significatives des classes subalternes en

construisant ainsi des blocs de pouvoir hj-

gjmoniques, mais aussi D mater les rjsis-

tances des peuples du Sud global.

Plus profondjment, la transition que

Crouch djcrit comme un passage de la dj-

mocratie D la „post-djmocratie“ devrait

donc plutžt ktre comprise comme l½effet

d½une vaste djfaite des classes ouvrimres et

de la plupart des nations opprimjes face D

l½offensive menje par les bourgeoisies D

partir des annjes 19Ç0, mais aussi q car les

rapports de forces ne sont pas strictement

conjoncturels - comme un processus de

soustraction de fonctions jconomiques et

sociales djcisives, la politique monjtaire

par exemple, D toute forme de contržle po-

pulaire mkme indirecte ou djformje par le

parlementarisme®, contribuant D l½avmne-

ment progressif d½un „pur capitalisme“ se-

lon le titre d½un ouvrage embljmatique de

l½jconomiste Michel Husson® .

/æand les b¨ærge¨isies

dpžantslent la

Èdpž¨\ratie b¨ærge¨iseÉ

Cette crise de la djmocratie libjrale est D

l½ uvre depuis de nombreuses annjes dans

l½ensemble des socijtjs capitalistes avan-

cjes mais aussi dans les puissances dites

„jmergentes“. Dms les annjes 19Ç0, la

Commission Trilatjrale, un des multiples

organes de rjflexion et de discussion dont

dispose la bourgeoisie D l½jchelle interna-

tionale, s½jtait emparje D sa faXon de cette

question de la djmocratie.

Dans un rapport publij en 19Ç5, les au-

teurs q Samuel Huntington devenu cjlmbre

depuis gr@ce D la thmse du „choc des civili-

sations“, qui a ljgitimj les interventions

guerrimres dans la dernimre pjriode®, Mi-

chel Crozier sociologue franXais apprjcij

des jlites njolibjrales® et Joji Watanuki -

s½inquijtaient de la „gouvernabilitj“ et des

„excms“ de la djmocratie. Pour y faire face,

ils plaidaient en faveur d½institutions politi-

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