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tion du texte, et qui se place de plus en plus
au-dessus de la socijtj normale, faut-il at-
tribuer ce phjnommne D une loi de la nature
ou D des agissements de systmmes mafieux¶
Des socijtjs djmocratiques peuvent-elles
toljrer de telles jvolutions qui vont carrj-
ment D l½encontre du bien de la majoritj¶
Non. Mais si le phjnommne se passe quand
mkme, quelle en est la raison¶ Serions-
nous gouvernjs donc par des nafs ou des
djbiles¶ Comme p. ex. la chancelimre alle-
mande qui ces jours-ci a affirmj devant son
parlement qu½elle n½jtait absolument pas au
courant que les services secrets allemands
espionnaient plein de monde en Europe
pour le compte des Etats-Unis. Tout
comme l½ancien premier ministre luxem-
bourgeois n½jtait pas au courant des impli-
cations des services secrets luxembour-
geois dans la sjrie d½attentats terroristes
dans les annjes 19n{-n6, ce que le peuple
n½a pas voulu croire et l½a manifestj lors des
jlections ljgislatives de 2013.
ïeples
Ainsi est-il permis de penser que des orga-
nisations comme les fjdjrations internatio-
nales de football, la FIFA et l½UEFA, res-
semblent fortement
D des systmmes ma-
fieux. Et l½IOC, le
comitj olympique
peut-ktre aussi¶ Et
les cartels des gran-
des socijtjs pjtro-
limres,
ancienne-
ment connues sous
le nom des Sept
S urs qui
ont
conclu djjD en 192n
un pacte secret au
Venezuela, agissent-
elles comme un sys-
tmme mafieux¶ Et les
grandes multinatio-
nales jnergjtiques,
notamment celles
qui gmrent les cen-
trales nucljaires, se
seraient-elles inspi-
rjes auprms de la ma-
fia pour extorquer
un maximum d½ar-
gent des citoyens, en
leur promettant une
protection des dan-
gers, crjjs par eux-
mkmes,
souvent
contre l½avis des po-
pulations¶ Et les
plus grosses ban-
ques qui se rencon-
trent en secret pour
arranger les paramm-
tres du monde fi-
nancier¶ Et toutes
les opjrations de
privatisations de biens publics, sous la
pression des institutions europjennes ou
du Fonds monjtaire international, sachant
bien que les privatisations servent en gjnj-
ral D enrichir quelques-uns au djtriment de
la grande majoritj des citoyens¶ Sans men-
tionner les grandes jglises, dont le succms
sur le long terme est indjniable: peut-ktre
ont-elles recours aussi D des structures qui
supposent un engagement rjciproque, re-
cours D la violence et D l½intimidation, au
rle social, D l½ancrage territorial, D la co-
existence entre activitjs ljgales et illjgales
et D des liens avec les classes politiques et
les institutions¶ Si vous doutez des soup-
Xons avancjs ci-devant, nous vous recom-
mandons de lire le livre tout chaud fjvrier
201Ç® d½Alain Deneault, philosophe: De
quoi Total est-elle la somme.
Multinationales et perversion du droit.
L½auteur y fait une recherche mjticuleuse et
salutaire sur la manimre dont le droit et la
complicitj des Etats ont permis D une firme
de: „comploter sur la fixation des cours du
pjtrole ou le partage des marchjs, de colo-
niser l½Afrique D des fins d½exploitation, de
collaborer avec des rjgimes politiques offi-
ciellement racistes, de corrompre des dicta-
teurs et reprjsentants politiques, de
conqujrir des territoires D la faveur d½inter-
ventions militaires, de djlocaliser des actifs
dans des paradis fiscaux ainsi que des infra-
structures dans des zones franches, de
pressurer des rjgimes oligarchiques suren-
dettant leurs peuples, de polluer de vastes
territoires au point de menacer la santj pu-
blique, de vassaliser des rjgimes politiques
en thjorie pourtant souverains, de nier des
assertions de faXon D jpuiser des adversai-
res judiciaires, d½asservir des populations
ou de rjgir des processus de consulta-
tion.“ Cela reprjsente une liste d½actions si-
djrantes que l½ordre politique, actuel ou rj-
cent, a permis D une multinationale de me-
ner en toute impunitj, indjpendamment
des textes ljgislatifs et des institutions judi-
ciaires, ou gr@ce D eux, souligne l½auteur. La
cerise sur le g@teau est pourtant le com-
plexe militaro-industriel, actuellement dj-
chanj, dont le prjsident Eisenhower avait
djjD mis en garde en 1961 lors de son dis-
cours d½adieu.
assandreÅ
Citons encore pour terminer l½excellent li-
vre du juge d½instruction en matimre finan-
cimre belge, Michel Claise: Essai sur la cri-
minalitj financimre nov. 2015®. Il dit:
„Comme avec Cassandra, il en est de ceux
qui djnoncent l½explosion de la criminalitj
financimre dans le monde et se battent
contre ce phjnommne, qui djtruit les djmo-
craties: on ne les croit pas! Pourtant, les
chiffres sont lD: les entreprises pirates se
sont introduites dans les jconomies saines,
l½argent sale circule sans difficultj, la cor-
ruption gangrmne les tats, la cybercrimina-
litj bouleverse les comportements, les or-
ganisations criminelles djveloppent leurs
activitjs par une ingjnierie sans cesse en
djveloppement et par le recours D la vio-
lence. Le tout sur fond de crise financimre,
dont les consjquences renforcent la puis-
sance des mafias, et de menaces terroristes
tout aussi djstabilisantes. Alors que les ins-
titutions internationales ne cessent de mar-
teler l½urgence d½une prise de conscience du
phjnommne et du combat qu½il njcessite,
au niveau national, les gouvernements pa-
raissent en ignorer les messages.“
Nous avons le choix entre, soit croire,
avec le professeur Eric David de l½ULB,
qu½il faut juger les multinationales pour
droits humains bafoujs, ressources natu-
relles pilljes et pour impunitj organisje
voir son livre: Juger les multinationales,
paru au GRIP 2015®, soit fantasmer sur la
Cosa Nostra ou sur la Camorra, en oubliant
D quel point les systmmes mafieux nous for-
ment notre quotidien. A nous de comparer,
sur base des quelques critmres de systmmes
mafieux fournis ci avant, si nous arrivons D
djnicher des systmmes similaires dans notre
voisinage national. Le nouveau prjsident
amjricain, sur lequel tout le monde semble
devoir s½acharner, a bien profitj du systmme
en place. Il ne l½a cependant pas inventj.
e club des assandre (odition /acine)




