.au Hemmer
„Au Brjsil, le retour D l½jthique a fragilisj
l½jconomie. La lutte contre la corruption a
aggravj la crise, a mis au chmage des mil-
lions de travailleurso.“ Le Monde du Σ
mars Óä£Ç®
Georg Christoph Lichtenberg le savait
djjD\ „Wenn die Menschen plötzlich tugen-
dhaft würden, so müssten viele Tausende
hungern“.
Alors, l½jthique en politique? L½jthique
est du domaine de la philosophie. Je ne vois
pas beaucoup de politiques philosophes.
Les philosophes ne font pas et, n½en dj-
plaise D Platon, ne doivent pas faire de poli-
tique.
Dans la vie civile, les intelligents et scru-
puleux laissent volontiers les choses en sus-
pens. En politique, tout se passe comme si
toute djcision valait mieux que l½absence
de djcision. Et qui djciderait de la valeur
d½une djcision? Il n½y a pas de contre-
jpreuve possible.
Ne soyons pas trop sjvmres avec les politi-
ques, la plupart croit sjrieusement travail-
ler D notre bien-ktre.
Je suis contre le pjnal,
mkme appliquj aux politi-
ques. Le mensonge est bien
une forme d½escroquerie et
de violence. Faut-il pour
autant le mettre au code
pjnal?
Voyez-vous beaucoup de
djputjs voter une telle loi?
Ces honorables mentent
de bonne foi et personne
ne peut prouver leur inten-
tion de nuire.
Je suis persuadj que
mkme l½homme le plus
puissant du monde croit
aux conneries qu½il djbite.
Les politiques ne men-
tent pas seulement de
bonne foi, ils mentent pour
notre bien. Dans l½intjrkt
supjrieur de la collectivitj,
il est permis et mkme re-
commandj de mentir, n½en
djplaise D Kant.
Pourquoi rjjlisons-nous
tous ces menteurs? Expliquez-moi un seul
vote rationnel, je vous tiendrai quitte de la
djmocratie.
Mon pmre disait\ je les connais tous, au-
cun ne mjrite ma voix, je voterai blanc.
D½autres jlecteurs pourraient dire\ je n½en
connais aucun, je voterai blanc.
Et pourtant, il faut bien que le boulot soit
fait. Il faut des gens pour mouiller leur che-
mise, pour mettre les mains dans le cam-
bouis politique.
Un tirage au sort parmi les meilleurs de la
socijtj civile, et pour des mandats trms limi-
tjs? Cela n½a jamais jtj tentj.
La confiance? Avec tel candidat, vou-
drais-tu aller dans une tranchje, au risque
de ta vie? Ou, moins sjvmre, lui achmte-
rais-tu une voiture d½occasion?
Finalement, il n½y va pas de leur honneur
ni de notre vie. Et puis, combien de contri-
butions payons-nous pour ktre si regar-
dants?
Le boulot de nos chers politiques est de
faire le plus possible pour l½intjrkt gjnjral
avec le moins d½impt possible. L½jthique
dans tout Xa? Il s½agit surtout d½efficacitj.
Si vous pouvez prouver que vous ktes
personnellement ljsj par le gaspillage des
politiques, vous pouvez les poursuivre au
civil et laisser faire les juges. Bon courage!
Beaucoup disent jthique en pensant mo-
rale, alors que la morale traite des m urs et
l½jthique rjfljchit aux fondements de la
morale.
Ethiques ou morales, il est question de
normes et de valeurs. Normes et valeurs en-
tranent des comportements, et vice versa.
Des livres entiers ont jtj jcrits sur les
fondements de la morale. Les moins nafs\
Par-delD le bien et le mal et Gjnjalogie de
la morale de Nietzsche.
D½oÙ viennent normes et valeurs? Elles
viennent du pouvoir. Qu½est-ce qui donne
au pouvoir sa puissance? La violence qui
est derrimre, rjelle ou supposje.
Chez les autres grands singes, le pouvoir
est basj sur la puissance physique et les rj-
seaux de relations familiales et amicales.
Chez homo sapiens, cela
aussi est le cas, mais pro-
longj d½idjologies, de com-
munication jcrite, d½organi-
sations complexes,
de
contrats, de codes, de
loiso.
Que la djmocratie soit per-
fectible ou non, le facteur
humain restera toujours
prjsent. Dans la monarchie
de droit divin le roi ne pou-
vait mal faire. Dans la dj-
mocratie de droit humain
l½jlu ne peut mal faire?
La nature humaine ne
changera pas de sitt, mais
l½jducation peut mieux
faire? L½jducation se fait
surtout par l½exemple, trms
peu par le prkchi-prkcha, et
l½exemple vient de haut.
Nous voilD dans un cercle
vicieux et nous n½en sorti-
rons pas\ nous avons les
jlus que nous mjritons et
eux ont les jlecteurs qu½ils
mjritent.
sres Äuestio£s et a||irmatio£s gratuites
BaRa GÏa£do !aoæo
\\e£t aigu
S. ×




