cce£t aiu
S. ×
paÞs pauvres, ou plutt paÞs appauvris?
Appauvris, car notre place financimre, en-
semble avec d½autres bien s×r, est impliquje
dans le recel de l½argent djtournj dans ces
paÞs. De sorte qu½en fin du compte, notre
soi-disant gjnjrositj est plutt gjnjreuse
vis-D-vis de nous-mkmes, jtant largement
bjnjficiaires D la fin de la journje. Le cher-
cheur Rainer Falk l½avait montrj dans une
jtude en 2009, pour l½ONG ASTM. L½jtude
a d× ktre retirje sur intervention du chef de
gouvernement de l½jpoque, M. Juncker.
Une autre jtude pour le gouvernement nor-
vjgien, avec des rjsultats similaires, n½a pas
jtj retirje, heureusement.
Nous sommes aussi un paÞs d½entrepre-
neurs et d½innovateurs, et nous essaÞons
d½attirer chez nous d½autres innovateursÆ
surtout depuis que nous avons une univer-
sitj nationale. Ceci mjrite le plus grand res-
pect. Pensez donct Un paÞs d½innovateurs,
de crjateurs de „start-up“, alors que 90¯
de ses nationaux n½ont qu½un rkve\ avoir un
bon poste dans les services publics et assi-
miljs, et cela pour la viet Cela tient du mi-
racle.
Mais nous sommes aussi un paÞs paisible
et nous sommes pour la paix. Nous som-
mes membres de l½OTAN qui est impliquje
dans des guerres, en parfaite violation du
droit international. Il suffit sans doute de
travailler encore un peu le logo de l½OTAN
comme organisation de djfense de nos va-
leurs occidentales.
Et nous vivons en toute sjcuritj au
Luxembourg, si l½on oublie la sjrie d½une
vingtaine d½attentats terroristes des annjes
1985, toujours non jlucidjs. On pourrait
mkme croire qu½il existe une volontj obsti-
nje de couvrir ces crimes, D en juger d½aprms
les accms d½amnjsie en sjrie dans les plus
hauts rangs des responsables. Le procms est
d½ailleurs toujours interrompu Æ jusqu½aux
calendes grecques? Donc oui, il Þ a des rai-
sons de peaufiner un peu l½image de mar-
que du paÞs.
ultuÏe
Sur le plan culturel, nous avons heureuse-
ment de bons reprjsentants, de niveau in-
ternational. Et nous espjrons que nos artis-
tes soient d×ment soutenus, mkme s½ils ne
suffisent pas pour nous djcerner une image
de marque d½un paÞs producteur de culture
D grande jchelle. D½ailleurs, D quoi bon?
Une bonne moÞenne est bien ce qu½il faut.
Nous ne serons jamais un deuximme HollÞ-
wood, unique de par ses moÞens et sa puis-
sance. Un petit regret nous reste cependant
concernant la crjation culturelle au
Luxembourg. Il existe une uvre interna-
tionale extraordinaire d½un Luxembour-
geois, trop peu connue au paÞs. Nous vou-
lons parler de Gordian Troeller, nj le 16
mars 1917, mort en 200Î D Hambourg,
dont l½ uvre est la preuve qu½un Luxem-
bourgeois peut avoir une vue lucide, criti-
que et juste du monde, et cela des annjes-
lumimre avant d½autres. Ensemble avec sa
partenaire, Marie-Claude Deffarge, ils for-
ment un couple de grands reporters pen-
dant de longues annjes. „En 1952, ils se
rendent en Iran, ce qui donne lieu en 1956
D la publication d½un livre de photos. De
1959 1971 ils deviennent grands reporters
de presse jcrite pour la revue allemande
„Stern“, mais aussi pour d½autres journaux
comme Le Monde Diplomatique, Paris-
Match et l½Observer. Ils couvrent l½actualitj
du monde et plus particulimrement les lut-
tes de libjration“ 1® Leurs nombreux do-
cumentaires plus de 70t® sont groupjs se-
lon les thmmes\ Grands reportagesÆ Au nom
du progrmsÆ Planmte des femmesÆ Les en-
fants du monde. On a pu voir au mois
d½avril deux de leurs documentaires D la Ci-
njmathmque de Luxembourg. Et on a pu se
rendre compte que leurs analÞses d½il Þ a
plus de trente ans sont toujours valables.
„On ne peut qu½espjrer que leur travail, ori-
ginal autant que djcapant, soit redjcou-
vert, en particulier par les jeunes gjnjra-
tions, car D bien des jgards il nous donne
les clefs pour comprendre le prjsent.“ 1®
Et Gordian Troeller serait s×rement un
grand enrichissement pour l½image de mar-
que de notre paÞs en montrant que tous les
Luxembourgeois ne sont pas prkts D s½adap-
ter au sÞstmme jconomique qui tue dixit le
pape FranXois®, en jchange d½un bon sa-
laire et d½une retraite confortable.
es incultesÅ
Pour terminer, et en relation avec la
France, un extrait du blog d½un „Cincinna-
tus“
cincivox.wordpress.com® qui s½in-
quimte des incultes qui nous gouvernent\
„+uel chemin parcouru, gjnjration aprms
gjnjration, dans ce qui ressemble D une
course au vulgaire. Sans remonter jusqu½D
des temps mÞthologiques, contentons-
nous d½observer cette increvable Ve Rjpu-
blique et ses monarques successifs. Le Gj-
njral, homme de plume et d½jpje, le nor-
malien banquier-pomte Pompidou, le lettrj
florentin Mitterrand et mkme l½ingjnieur
Giscard ou le faussement grossier Chirac
qui prjfjrait cacher sa passion des cultures
dans sa part d½intime\ chacun D sa manimre
a chjri la culture. o Ces hommes pou-
vaient bien s½affronter sur tous les sujets, un
consensus les frappait d½jvidence\ quelles
que fussent les jconomies D promettre, in-
continents, pour se faire jlire, tous s½accor-
daient D ne pas toucher aux budgets de
l½jducation ni D diminuer le nombre des en-
seignants. Sainte luciditj t
Et puis, tout a basculj avec la gjnjration
suivante\ celle des gestionnaires. Le mjpris
de la culture a accompagnj l½idol@trie du
dieu-pognon.“
Espjrons qu½aprms les prjsidents SarkozÞ
et Hollande, le nouveau, Macron, pur pro-
duit du marketing politique D trms haut ni-
veau, ne fasse pas trop de djg@ts D la
France. Car du ctj Allemand qui veut
dompter les non Allemands en les soumet-
tant de force D leur „Leitkultur“, selon le
ministre de l½Intjrieur de Maizimre, il ne
faut pas attendre des lumimres. Les gestion-
naires Þ sont D l½ uvre depuis longtemps
djjD.
1® Aucun respect pour les vaches sa-
crjes. Entretiens avec Marie-Claude Def-
farge et Gordian Troeller. Editions\
plus
d½un titre 2017
Gordian Troeller et arie- laude effarge: grands reporters infatigables (photo : troel-
ler-deffarge½[om)




