A premimre vue, il ne s½agit pas de vendre le
paÞs tel quel. Il ne s½agit pas de cjder le can-
ton de Clervaux D un demi-frmre du sultan
du Kowet. Vendre son paÞs veut dire ven-
dre les produits et services de ce paÞs.
Comme, p. ex. il Þ a 50 ans, vendre un
maximum d½acier de l½Arbed. Ou encore un
maximum de semaines de vacances le long
de la S×re D nos voisins njerlandais. Au-
jourd½hui, l½Arbed n½existant plus et nos
voisins du Nord prjfjrant les bords de la
Mjditerranje, nous vendons les services de
la place financimre luxembourgeoise. Mais
on peut se poser la question suivante\ Les
grandes socijtjs transnationales qui ai-
ment bien rjduire D un strict minimum les
impts D paÞer, sont-elles attirjes au
Luxembourg par un logo? Non, probable-
ment pas. Les grandes socijtjs fiduciaires
du genre PwC savent parfaitement quelles
djmarches entreprendre, et D quel endroit,
afin de servir au mieux leurs clients. Les
services offerts dans ce domaine sont plu-
tt du genre discret. N½a-t-il pas fallu l½inci-
dent du „Luxleaks“ pour que le citoÞen
normal en apprenne sur la petite officine
gjrje par un Marius Kohl, D la Direction
Gjnjrale des Impts? Ce fonctionnaire,
quasiment disparu depuis, a signj des
prjaccords d½imposition avec des grandes
socijtjs multinationales afin que celles-ci
paÞent un tout petit impt au Luxembourg.
Par contre, dans plein d½autres paÞs, elles
ne paÞaient plus rien. De Marius Kohl est la
phrase suivante\ “The work I did definitelÞ
benefited the countrÞ, though maÞbe not in
terms of reputation.» Wall Street Journal
21.10.2014®. Donc, un „nation branding“
avec nouveau logo pour amjliorer la rjpu-
tation du paÞs?
"aoi lein
Aux personnes averties, le terme de „logo“
dans ce contexte fait venir D l½esprit son
contraire, c. D d. le „NO LOGO“, livre de
Naomi Klein, publij en 2000. C½est avec ce
livre que la journaliste et auteur cana-
dienne est entrje sur la scmne des critiques
d½une globalisation malfaisante. Son „NO
LOGO“ jtait suivi par le best-seller „The
shock doctrin“, en 2007, un incontourna-
ble pour qui veut mieux comprendre le
fonctionnement de notre monde, ainsi
qu½en 2014 sa recherche sur le changement
climatique\ „This changes everÞthing. Ca-
pitalism vs. the climate“. Mais restons avec
le „NO LOGO“. Naomi Klein montre que
les socijtjs multinationales considmrent le
marketing de leur marque comme plus im-
portant que la fabrication des produits.
Ainsi, si le nom de Marlboro est bien jtabli,
on peut vendre non seulement des cigaret-
tes sous ce sigle, mais des vktements et
plein d½autres choses. Elle nous met en
garde contre trois points importants.
D½abord, l½intrusion agressive de la publi-
citj dans notre espace quotidien. Un point
qu½elle relmve est la reddition de la culture
et de l½jducation devant le marketing. En-
suite, sous le chapitre „No choice“, elle dj-
plore que la promesse d½un choix culturel
plus grand a jtj trahi par les forces de fu-
sion, de „franchising“ prjdateur, de sÞner-
gies et de censure au sein des groupes. Elle
Þ pense D la domination du marchj par le
groupe Wal-Mart aux USA, l½invasion
agressive par des chanes comme Star-
bucks, et certains groupes, comme DisneÞ,
ouvrant leurs propres chanes en en ex-
cluant les concurrents. La
partie „No jobs“ examine
le marchj du travail qui
crje des relations plus
tendues entre emploÞeur
et emploÞj, les djlocalisa-
tions, le temps partiel et
l½auto-emploi. La djloca-
lisation des emplois de fa-
brication pousse les tra-
vailleurs dans les emplois
de service qui du coup
sont mal paÞjs, sans sta-
bilitj ni sjcuritj, alors
que les bjnjfices ne ces-
sent d½augmenter pour les
multinationales aux logos
mondialement connus.
Dans sa partie finale,
Naomi Klein djcrit com-
ment elle djcouvre des
activitjs qui se tournent
contre les multinationa-
les. Elle Þ trouve les ger-
mes pour une alternative
D la domination des entre-
prises, ces entreprises qui
rjduisent les citoÞens en
consommateurs.
uïebouÏg
C½est donc devant cet ar-
rimre-plan que l½on peut
regarder les efforts d½un
paÞs D se donner une belle
image de marque. Ainsi les USA, malgrj
leur responsabilitj pour des dizaines de
millions de morts depuis la deuximme
guerre mondiale, gardent pour beaucoup
de gens cette aura du paÞs de justice et de li-
bertj. Une industrie de l½emprisonnement
perverse qui gjnmre un taux d½emprisonne-
ment des plus jlevjs au monde n½Þ change
rien. Israll fait des efforts jnormes pour
corriger son image de marque djfaillante
dans le monde en se prjsentant comme un
paÞs ouvert et d½jvasion rjcrjative, et non
pas comme paÞs colonisateur, occupant et
tortionnaire. L½image de l½jmergence d½une
socijtj d½apartheid est combattue par des
moÞens importants dans le cadre du „na-
tion branding“, par la „hasbara“, la propa-
gande. Ainsi, le Luxembourg veut se don-
ner jgalement une image qui n½est pas celle
d½un paradis fiscal. Et c½est bien comprj-
hensible. Un des sujets prjfjrjs de notre
gouvernement est de mettre en avant notre
sensibilitj vis-D-vis des pauvres de ce
monde et notre gjnjrositj D leur jgard.
N½offrons-nous pas plus de 1¯ de notre
PIB pour l½aide au djveloppement dans les
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!aomi Klein, auteur de !O OGO (photo: TorontoStar)
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