cce£t aiu
S.
tion donnje sont alors ceux-lD mkmes qui
sont jtablis par cette situation, de sorte que
toute analÞse est enclose et situe hors de
toute discussion les conditions de son
jmergence.
È$bets cultuÏelsÉ et loisiÏs
Pour rjgner il ne faut pas seulement diviser,
mais manipuler en permanencet L½indus-
trie capitaliste se doit d½intjgrer dans sa lo-
gique accumulative et manipulatrice le
temps libre qu½elle abandonne aux sala-
rije®s, ce qui implique en particulier de
transformer les „objets culturels“ en „objets
de consommation“ et la „culture popu-
laire“ en „industrie des loisirs“. Cette impj-
rialisation de l½espace-temps sous tous les
aspects se fait q notamment q D la pointe
des baonnettes que sont les mjdias sous
contrle et la presse caniveau voir le Bild-
zeitung, le DailÞ Mirror ou autres torchons
comme des exemples phares de cette alij-
nation et rjification culturelles de la pensje
et l½activitj humaines®. Le comportement
de consommation, pilotj par le marketing,
ne concerne donc pas uniquement les pro-
duits et les gadgets marchands, ni les
pseudo-programmes politiques, mais jgale-
ment l½ensemble des productions culturel-
les et de leurs conditionnements rjcrjatifs.
!aÏchandisation totale de la
cultuÏe
On peut proclamer haut et fort sur tous les
tons que la culture ou l½information ne sont
pas une marchandise comme les autres.
C½est reconnatre du mkme coup qu½elles
sont d½abord une marchandise, soumise D
ce titre D la logique de la rentabilitj mar-
chande. Sur un marchj oÙ tout se vaut et
s½jquivaut, l½jnorme accumulation de biens
de consommation culturelle accompagne
l½jnorme accumulation de marchandises
qui caractjrise le capitalisme.
L½industrialisation et la commercialisa-
tion de la culture favorisent aussi une occi-
dentalisation gjnjralisje de la culture dans
le monde, sa standardisation consumjriste
et son homogjnjisation au djtriment de la
diversitj esthjtique et des cultures domi-
njes. Parallmlement on assiste dans tous les
paÞs industrialisjs D une mise au pas sans
prjcjdent des mjdias et des journalistes.
La privatisation des mjdias a abouti D la
formation d½un redoutable complexe mili-
taro-mjdiatico-financier Maxwell, BouÞ-
gues, Bertelsmanno®. On ne peut au-
jourd½hui plus s½aveugler sur la fonction de
la culture et des mjdias. Njanmoins les si-
rmnes idjologiques affirment que l½art et la
culture sont par nature ou subversifs ou
progressistes.
En intjgrant l½analÞse prjcjdente sur
l½occupation njcessaire de l½espace-temps
„libre“ des salarijs par une culture manipu-
lje et alijnante, djpolitisante, on a du mal
D saisir quel grain de folie pousserait la
bourgeoisie et son Etat D laisser simple-
ment exister un secteur culturel „indjpen-
dant“, s½il jtait simplement subversif „par
nature“. La rjalitj est donc bien plus crue \
il faut occuper nos temps de loisirs en veil-
lant D ce qu½on ne les consacre pas D pren-
dre en mains nos problmmes, et faire de
cette occupation une source juteuse de pro-
fit autant que d½alijnation, du „temps de
cerveau disponible“ vendu D Coca-Cola,
pour citer la formule de M. Le LaÞ, alors P-
DG de TF1 et un des nombreux prjdateurs,
vraies canailles, qui peuplent la basse cour
du Capital. Bien s×r, pour l½essentiel, il a
toujours existj dans les marges des produc-
tions subversives elles sont mkme ljgions®.
Mais ce sont gjnjralement des uvres plus
difficiles d½accms pour la grande masse des
salarijs conditionnjes, alors qu½elles expri-
ment souvent sous des factures multifor-
mes les contradictions les plus profondes
de la socijtj bourgeoise et impjrialiste.
La socialisation croissante des produits
du travail intellectuel et la transformation
rapide des moÞens de production et de dif-
fusion des savoirs et des uvres aiguisent
la contradiction entre la valeur d½usage et la
valeur d½jchange de la marchandise cultu-
relle. On a ainsi pu voir le patron du
Louvre se rjjouir que le musje ait appris
D devenir une entreprise . En vertu de
quoi le gouvernement franXais a pu, en
2006, „franchiser“ la marque Louvre D
Abou Dhabi en jchange de pjtrodollars et
de l½obtention d½une base militaire t
En outre, comme tout objet de consom-
mation soumis au processus de production
D des fins exclusives de profit doit en per-
manence ktre consommj et renouvelj, la
mjtamorphose des „objets culturels“ en
marchandises aisjment consommables
sous forme de loisirs n½est possible que
dans la mesure oÙ ceux qui sont chargjs de
cette t@che „pillent le domaine entier de la
culture passje et prjsente“\ „cela ne veut
pas dire que la culture se rjpand dans les
masses, mais que la culture se trouve dj-
truite pour engendrer le loisir“ Hannah
Arendt, op.cit.®. Cette mjcanique d½instru-
mentalisation totale ne peut elle-mkme se
maintenir que si le conditionnement des
comportements humains parvient D jlimi-
ner toute source d½imprjvisibilitj et d½insta-
bilitj, c½est-D-dire s½il est fait „pour le
monde des affaires humaines ce qui a djjD
jtj fait pour le monde des objets produits
par l½homme“, traitant ce dernier „comme
un ktre entimrement naturel dont le proces-
sus de vie peut ktre manipulj de la mkme
manimre que tous les autres processus“
H.Arendt, „Le concept d½histoire“®.
Pendant des simcles la religion a jouj le
double rle d½alijnation des esprits et de re-
fuge devant la mismre, l½exploitation ou la
rjpression. Djsormais, au sein du capita-
lisme mondialisj, trois autres opiacjs
jmergent avec force et jouent, au niveau
socioculturel, un rle similaire mais non
identique® \ le sport, la publicitj et les mj-
dias-spectacles, d½ailleurs jtroitement im-
briqujs.
Si le capitalisme globalisj, njolibjral,
tend D la marchandisation du monde, D la
transformation de tout ce qui existe q la
terre, l½eau, l½air, les espmces vivantes, le
corps humain, les rapports sociaux entre
les individus, l½amour, la religion q en mar-
chandises, la publicitj vise D vendre ces
marchandises, en soumettant les besoins
des individus aux njcessitjs du capital. Les
deux sÞstmmes participent du fjtichisme de
la marchandise, de la quantification monj-
taire de toutes les valeurs, de la logique
d½accumulation D l½infini des biens et des
capitaux, du matraquage permanent des es-
prits, de la culture mercantile de la so-
cijtj de consommation . La logique du
sÞstmme publicitaire et celle du mode de
production capitaliste sont intimement lijs
et elles sont, toutes les deux, intrinsmque-
ment perverses. La publicitj pollue non
seulement les paÞsages urbains et ruraux,
mais aussi les mentalitjs Æ elle bourre non
seulement les botes aux lettres mais aussi
les cr@nes des individus. Elle a mis sous sa
coupe la presse, le cinjma, toutes les crja-
tions et activitjs culturelles, la tjljvision, la
radio. Rien n½jchappe D son influence dis-
solvante.
!pdias et s·ectacles ÈcultuÏelsÉ
La „culture“ mjdiatique ou la mjdiatisation
de la culture, des spectacles ne sont pas en
reste. GuÞ Debord a montrj de manimre
brillante et convaincante que le renouvelle-
ment technologique incessant du capita-
lisme et la fusion entre la dite jconomie de
marchj et les appareils jtatiques avaient
fait de la socijtj spectaculaire intjgrje une
socijtj du secret gjnjralisj qui dissimule
ce qu½il faut montrer et montre ce qu½il fau-
drait dissimuler, une socijtj oÙ le faux de-
vient vrai en achevant de faire disparatre
l½opinion publique au profit des sondages
d½opinion, de l½audimat, des vidjo-clips,
des realitÞ-shows et autres manipulations
virtuelles par spots publicitaires, de la cul-
ture geek internet, une socijtj enfin oÙ le
prjsent perpjtuel, l½jvanescent, l½jphj-
mmre, l½effervescence „postmoderne“ dissi-
mulent mal le vide abÞssal que cherchent D
remplir tant bien que mal les managers de
l½information inessentielle, les directeurs
des ressources ludiques et autres ingjnieurs
de l½@me et du corps. C½est trms exactement
dans ce contexte d½un prjsent perpjtuelle-
ment faux, d½un secret jamais rjvjlj que
s½inscrit aussi le spectacle mjdiatico-cultu-
rel, phagocÞtj par la marchandisation. „La
construction d½un prjsent oÙ la mode elle-
mkme, de l½habillement aux chanteurs, s½est
immobilisje, qui veut oublier le passj et qui
ne donne plus l½impression de croire en un




