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Accent aigu

S. ¯2

La nomination comme Premier Ministre

d’un fondateur de l’UMP, ancien directeur

de la communication d’Areva, de même que

la nomination à ercy d’un cacique de la

droite, runo Le Maire, et le directeur de

campagne de SarŽozy à la primaire de la

droite, érald Darmanin, ne laissent plus

aucun doute sur l’orientation du gouverne-

ment. La pseudo modernité affichée aboutit

au pouvoir renforcé du monarque affichant

son intention d’utiliser le parlement comme

chambre d’enregistrement pour gouverner

par ordonnances dès cet été afin de pour-

suivre la casse du Code du /ravail et de la

protection sociale. La nomination au minis-

tère du /ravail d’une technocrate proche du

MEDEF en dit long sur les objectifs pro-

grammés.

asse et régression socialesc liŽ

Äæifation fes froits féžocraŽ

tiÄæes½½½

Ainsi tous les membres de ce gouvernement

sont des serviteurs zélés des grandes entre-

prises: douard Philippe, issu des Républi-

cainsÆ Jean-Michel lanquer, ancien di-

recteur général de l’enseignement scolaire

sous SarŽozy et directeur de l’ESSEC, une

école formant les futurs patronsÆ Muriel Pé-

nicaud, ministre du /ravail... ancienne

DRH de chez Danone, Dassault, passée par

"range et la SNCF… Le Premier ministre a

martelé son v u de faire passer dès cet été

les ordonnances visant à mettre en place

une loi /ravail 88L.

des années-lumière des préoccupations

de la grande majorité de la population, les

politiciens de tous bords nous offrent le

spectacle de la „lutte des places“. Les Répu-

blicains se mouillent avec En Marche! Les

anciens PS passent avec armes et bagages

dans le camp de Macron. Et pendant ce

temps, Mélenchon et le PCF se disputaient

les suffrages et les circonscriptions.

Après l’utilisation du {™-3 par le gouver-

nement de 6alls-Hollande, le projet de Ma-

cron est de passer en force, sans aucun dé-

bat au Parlement, par voie d’ordonnances.

Lui qui clamait refuser le {™-3 sur sa propre

loi de 2015, il fait pire en voulant „réformer

au pas de charge“ et empêcher tout débat.

Si une telle option venait à être confirmée,

elle constituerait une violation immédiate

et grave du débat démocratique, par le Pré-

sident lui-même.

Les régressions sociales prévues vont aus-

si concerner des sujets majeurs comme

l’Education nationale. La nomination rue

de renelle de Jean-Michel lanquer, pro-

che d’Alain Juppé et du très réactionnaire

Institut Montaigne, qui dirigeait ces derniè-

res années l’ESSEC, l’une des plus presti-

gieuses écoles de commerce, annonce clai-

rement la volonté d’appliquer à l’Education

nationale les recettes libérales : „autono-

mie“ des établissements scolaires pour les

programmes, les horaires et l’embauche,

leur mise en concurrence à tous les niveaux,

annualisation du temps de travail des ens-

eignants, techniques de gestion inspirées du

management entrepreneurial… A cela

s’ajoute la poursuite de l’Etat d’urgence et

des politiques migratoires à l’encontre des

réfugiés.

Ainsi Macron entend amplifier la contre-

révolution libérale et va donc poursuivre

sans discontinuité une politique d’austérité

pour les catégories populaires, au nom de la

liberté d’entreprendre, de la rigueur et de

l‘équilibre budgétaire. Son programme ¶ En

finir avec les 35h, casser la Sécurité sociale,

diminuer le nombre de fonctionnaires, aller

encore plus loin dans la casse du code du

travail. Cette politique, c’est justement celle

qui fait le lit du Front national en accentu-

ant toujours plus la destruction des acquis

sociaux.

Emmanuel Macron prétend effacer des

mémoires le mouvement de protestation so-

ciale et politique de l’année 2016, en géné-

ralisant à toutes les dispositions du contrat

de travail ce que la loi El homri avait limi-

té à l’emploi. Dans son projet de révision à

la hussarde du Code du travail, les salaires,

la durée effective du travail, les conditions

de travail seraient aussi visés. Il y aurait un

code du travail par entreprise, c’est-à-dire

plus de Code du travail du tout. Les syndi-

cats seraient réduits au rôle de „négociants“

de droits éclatés. Il est même envisagé de

plafonner, c’est-à-dire baisser, les indemni-

tés compensatrices en cas de licenciements

abusifs sans cause réelle et sérieuse, pro-

noncées par les jugements prudhomaux. Et

également de procéder à la fusion des insti-

tutions représentatives du personnel (IRP)

pour limiter l’action syndicale et les droits

des salariés. C’est donc le risque d’une ré-

gression sociale de grande ampleur redou-

blée qui se met „en marche“ ou se prépare à

„marche forcée“ pendant l‘été, avec le ris-

que d’alimenter une fois de plus le discours

populiste du FN.

5ne gaæcŒe en crise profonfe

La gauche, dans toutes ses composantes,

pèse moins de 30% et n’arrive à rassembler

que 10 millions de voix. Les partis issus du

mouvement ouvrier ont été rayés du second

tour de l‘élection présidentielle.

Avec un score de 1™%, Mélenchon a réus-

si à consolider sa candidature et à apparaŠ-

tre comme le principal candidat de gauche.

Il a joué sur plusieurs registres : il a réussi à

capter et polariser l’essentiel de ceux et de

celles qui se sont mobilisés l’année dernière

contre la loi El homri et, en général, l’es-

sentiel des courants de mobilisation sociale

de ces dernières années, reprenant grosso

modoles principales revendications de ces

mouvements. Parallèlement, il a, comme

Macron, siphonné une part importante de

l‘électorat du PS, qui voyait en lieu la possi-

bilité d’avoir un candidat de gauche au se-

cond tour. Aussi, dans les dernières semai-

nes, la campagne Mélenchon est devenue

de plus en plus une campagne républicaine,

nationaliste, gommant les aspects les plus

radicaux et les axes de combat contre l’aus-

térité. Il s’agissait, en fin de compte, de ra-

mener la radicalité et la révolte contre le

système de millions de personnes dans un

cadre institutionnel et républicain.

Dans tous les cas, en refusant avant et

pendant les campagnes aussi bien présiden-

tielles que législatives de construire un ca-

dre de campagne et de convergence démo-

cratique, JLM se retrouve devant une diffi-

culté. La galvanisation autour de sa propre

campagne ne peut pas perdurer. Il sera diffi-

cile pour lui d‘échapper au débat sur les

suites, car l’exigence de créer un rapport de

force social et politique va apparaŠtre com-

me une nécessité grandissante. Le program-

me Žeynésien de Mélenchon, même s’il re-

prenait beaucoup des exigences du mouve-

ment social, éludait la question de l’affron-

tement nécessaire avec le patronat, de la

mobilisation populaire pour imposer ne se-

Robert Mertzig

Quand le „modernisme“ a un goût du 19ième siècle....

Emmanuel Macron, après une campa-

gne soutenue par un enfumage éhonté

de la part des plus grands médias et des

journaleux „chiens de garde“, vient

dËqtre élu Président de la République. Il

n’est pas inutile de rappeler qu’avec

24¼ des voix au 1er tour, soit 18¼ des

inscrits, et un taux record d’abstention

et de bulletins blancs ou nuls au second

tour, cette élection n’est pas un plébisci-

te à un programme.

Macron: président de la casse sociale