Accent aigu
S. ¯¯
vernement qui ne traine pas les casseroles
du passé, comme celui qui a été élu et réélu
en 2015. Et à qui „nos pays“ refusent toute
coopération. Ils vont même jusqu’à l’humi-
liation ultime qu’ils ont voulue et obtenue
avec la signature par Alexis /sipras du troi-
sième mémorandum, en ao×t 2015. Et
pourtant, deux ans après ce viol éhonté
d’un pays européen, il n’y a toujours pas
d’accord sur la restructuration de la dette,
restructuration inévitable selon tous les
gens raisonnables, en plus du FMI. Pour
des sadiques, maintenir ainsi un peuple en-
tier dans l’esclavage des créanciers semble
procurer beaucoup de plaisir. Mais cette
politique, car de politique il s’agit, détruit le
rêve d’une Europe solidaire et sociale, une
Europe des peuples, pas de l’argent.
n rance
+ue donnent les élections dans les grands
pays européens en cette année 201Ƕ En
commençant par la France, et l’élection
d’Emmanuel Macron comme président, il
semble que certaines gens voient en celui
qui ne s’est jamais présenté à aucune électi-
on, le sauveur de leurs problèmes natio-
naux et des problèmes européens en même
temps. D’autres la voient plutôt comme
une farce, compte tenu de l’histoire de la
France, en admirant évidemment la démar-
che astucieuse. D’autres encore, comme le
général Henri Roure, parlent d’un putsch
sans soldats. 6oici ce que dit Roure:
„L’élection présidentielle, qui a amené M.
Macron à la présidence, est le fruit véné-
neux d’un déni de démocratie. Il s’agit
d’une spoliation, résultat d’un rejet masqué
de l’idéal démocratique. La manipulation
vient de loin. Elle est probablement la for-
me la plus élaborée du coup d’ tat car elle
ne refuse pas le principe des élections sur
lequel repose l’expression de la volonté po-
pulaire, mais, sciemment q j’allais écrire
scientifiquement q elle pervertit, oriente,
sculpte l’opinion publique. Elle repose sur
l’énorme puissance d’un système qui a
l’ambition de s’imposer au monde, à com-
mencer par ce que nous appelons, au-
jourd’hui, improprement, l’"ccident. Ses
moyens sont, à l’évidence, considérables.“
En tout cas, Macron a déjà annoncé la cou-
leur: détricoter le droit du travail avec com-
me objectif ultime la liberté totale des em-
ployés et ouvriers de négocier leurs conditi-
ons de travail et de rémunération en face de
leur employeur, sans contraintes syndica-
les. Cette liberté qui va finir par ne plus
nourrir son homme.
ÌAlleagne
En Allemagne, des élections de septembre
prochain, que peut-on dire¶ Sauf que la
chancelière va être réélue dans un fauteuil,
faute d’opposants réels. Et c’est un autre
signe d’absence de démocratie si les alter-
natives n’existent plus. Comment en som-
mes-nous arrivés là, dans un pays où les
„réformes“ néolibérales de l’ère Schroeder
ont crée un secteur de bas salaires qui ne
permet souvent pas d’en vivre¶ Et qui d’un
autre côté, avec le déficit d’importations re-
cord de l’Allemagne, est à l’origine de beau-
coup de problèmes économiques en
Europe. Le philosophe français Serge Carf-
antan propose le texte suivant, écrit dans le
cadre d’un cours sur le cynisme politique:
„Pour étouffer par avance toute révolte, il
ne faut pas s’y prendre de manière violente.
Les méthodes du genre de celles d’Hitler
sont dépassées. Il suffit de créer un conditi-
onnement collectif si puissant que l’idée
même de révolte ne viendra même plus à
l’esprit des hommes.
L’idéal serait de formater les individus
dès la naissance en limitant leurs aptitudes
biologiques innées. Ensuite, on poursuiv-
rait le conditionnement en réduisant de
manière drastique l’éducation, pour la ra-
mener à une forme d’insertion profession-
nelle. Un individu inculte n’a qu’un hori-
zon de pensée limité et plus sa pensée est
bornée à des préoccupations médiocres,
moins il peut se révolter. Il faut faire en sor-
te que l’accès au savoir devienne de plus en
plus difficile et élitiste. +ue le fossé se creu-
se entre le peuple et la science, que l’infor-
mation destinée au grand public soit anes-
thésiée de tout contenu à caractère subver-
sif.“
es politiciens
+uels sont les gens politiques à l’ uvre qui
nous ont amenés dans des situations pareil-
les¶ Un homme bien connu, ancien minis-
tre des finances US et président de Har-
vard, Larry Summers, a dit: „Il existe deux
types de politiciens, les insiders et les outsi-
ders. Les outsiders privilégient leur liberté
de dire leur version de la vérité. Le prix
qu’ils paient pour leur liberté est qu’ils sont
ignorés par les insiders qui eux prennent les
grandes décisions. Les insiders suivent un
règle sacro-sainte: ne vous tournez jamais
contre d’autres insiders et ne parlez jamais
à des outsiders de ce que les insiders disent
ou font. Leur récompense est qu’ils ont ac-
cès à des informations internes et ainsi la
chance, sans garantie pourtant, de pouvoir
influencer des personnes puissantes et des
décisions. Lequel des deux êtes-vous¶“ 9a-
nis 6aroufais, ancien ministre des finan-
ces de la rèce, à qui cette question aurait
été posée, a répondu que, de par sa nature,
il était outsider, mais si cela pouvait servir
son pays, dans le cas précis de la résolution
de la crise financière, il se comporterait
comme un insider. (1)
nsifers
Nous avons essentiellement des politiciens
qui veulent être du groupe des insiders. Le
premier en rang est M. Juncer qui aurait
pourtant tellement de choses intéressantes
à nous raconter. Lui, ayant été le neveu de
son oncle, n’a rien fait d’autre dans sa vie
que de la politique. Mais c’est lui aussi qui,
dans un moment d’honnêteté, a annoncé
que, quand les choses se compliquent, il
faut mentir. "n aimerait entendre des in-
formations sur les affaires internes égale-
ment de nos représentants nationaux dans
les diverses organisations internationales,
comme la FIFA, l’UEFA, le Comité olympi-
que. Il s’en est passé des choses dans ces or-
ganes, si l’on peut croire le peu qui perce
vers l’extérieur.
Le fait imminent que les peuples
d’Europe vont approuver par leurs votes,
comme des moutons, les augmentations
dramatiques des budgets militaires, sans
raison valable, sinon le profit, nous fait
penser à „ emal“, une des chansons les
plus connues du grand compositeur grec,
Manolis Hatzidais, avec texte de Nios
atsos. Elle raconte l’histoire d’un petit
prince arabe qui a découvert la misère du
monde et qui décide, naf, de faire changer
les choses. Il arrive en fin de compte devant
dieu, qui en l’occurrence est Allah. Dieu lui
dit :
„Mon vaillant épervier, les temps ne
changent pas
et le monde poursuit sans fin son chemin
à travers le feu et les couteaux.“
onne nuit,
emal. Ce monde ne
changera jamais.
onne nuit…(ainsi termine la chanson).
Si nous voulons la démocratie, nous de-
vons la créer, tous les jours. Il ne faut sur-
tout pas l’abandonner à des gens qui font
de la politique leur profession.
(1) Adults in the roomÖ
par =. VaroufakisÖ mai 2017-06-17
-oto: cel ecer
onument G elos eans les ïclaees: $r
gane essentel eont auraent Qeson Qeau
cou· ee ·oltcens




