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A\\o£Ý Bƒæ

N°163

route, la victime de la guerre, le rescapj

d½un attentat. On prjvoit de supprimer le

souvenir d½un traumatisme ou de lui sub-

stituer un souvenir µui ne garde aucune

trace des avanies subies. On espmre

changer le matjriel mnjsiµue, faire croire

D un patient µu½il a vjcu des jvjnements

µue, dans la rjalitj, il n½a pu connaŠtre, lui

inventer une personnalitj et un environ-

nement plus satisfaisants, au fond rempla-

cer la rjalitj par une fiction, mettre du vir-

tuel lD oÙ le rjel est supposj trop dur D

supporter, renoncer D une vie rjellement

vjcue pour une autre plus avenante, plus

uniforme, plus conforme aux attentes. Na-

turellement, il convient de soumettre les

futurs cobayes D une sorte d½universel for-

matage, µui du reste est djjD en cours, car

rien ne doit entraver l½injluctable marche

du progrms, comme c½en est un, vers la ra-

dieuse post-humanitj. On mesure l½intjrkt

µue dms lors revkt cette avancje pour les

docteurs Mabuse et les apprentis sorciers,

surtout politiµues, de l¼@ge post-humain.

Mkme les fjministes de toute objdience

peuvent y trouver leur compte, puisµu½il

s½agit en tout jtat de cause d½en finir avec

l½homme et l½ancien monde. Cela rappelle

ce µu¼jcrivait Nietzsche au sujet de l½idjal

ascjtiµue. Il le voyait au fondement de la

religion, de la philosophie, et de leurs ar-

rimre-mondes, centres de gravitj de toute

croyance. Mais, expliµuait-il, la croyance

en la science µui le supplante, fait de mk-

me µui ¹affirme par lD mkme un autre

monde µue celui de la vie, de la nature et

de l½histoireÆ et pour autant µu½il affirme

cet ½autre monde¼, eh bien, ne doit-il pas

nier son contraire, ce monde-ci, notre

monde?º Or n½est-ce pas ce µue l½on ob-

serve dans le cadre de la recherche scienti-

fiµue, ultime avatar du nihilisme, µui prž-

ne le post-humain, le post-monde, la post-

nature? Ne s½agit-il pas d½en finir avec le

rjel, le concret, le vivant?

On imagine, avec effroi, l½usage µue pour-

raient faire de ces avancjes les djcideurs

politiµues, en particulier les politiciens al-

lumjs µui ne gouvernent µue par la violen-

ce, la rjpression et l½oppression, la coerci-

tion et l½intimidation, µui menacent D tort

et D travers et mettent le monde D feu et D

sang? Je me souviens µu½avec l½arrivje de

M. Trump au pouvoir, d½aucuns prophjti-

saient un djsastre planjtaire. Ils n½ont pas

jtj djXus: D peine jlu, M. Trump s½en pre-

nait D l½Union europjenne, se fjlicitait du

Brexit, critiµuait vertement Mme Merkel

en matimre d½accueil des migrants, consi-

djrait µu½il jtait temps de remettre D plat

les objectifs de l½Otan devenu obsolmte,

menaXait le Mexiµue d½un mur D la frontim-

re, songeait D refouler du sol amjricain les

musulmans demandeurs d½asile, djnonXait

les conclusions scientifiµues sur le rj-

chauffement climatiµue, clamait son ob-

jectif de djtricoter tout ce µu½avait rjalisj

son prjdjcesseur, se p@mait d½admiration

pour M. Poutine pour ensuite le vouer aux

gjmonies, critiµuait la Chine pour finir par

l½encenser. N½en jetons plust L¼jljphant

milliardaire, entrj par effraction dans le

magasin de porcelaine de la djmocratie,

affiche djsormais ses bonnes relations

avec M. Duterte et la joue haute avec M.

Kim Jong Un, µui d½ailleurs le lui rend

bien. lui tout seul, M. Trump est devenu

la caricature de tous ses dirigeants µui font

les Ubu rois du monde et prostituent le

mandat - µuand c½est le cas - µui leur a jtj

confij. Aussi la µuestion est-elle d½impor-

tance: µue faire de tous ces politiciens µui,

retranchjs dans les forts Alamo de leur bk-

tise ou barricadjs derrimre les chevaux de

frise de leurs algorithmes, sont, gr@ce D la

science, D deux doigts d½imposer leur ima-

ginaire par la domination absolue?