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N°163
honnktetj:
-Chrjmyle: ¹Pieux et juste, je faisais mal
mes affaires et j½jtais pauvre o®. D½autres
s½enrichissaient : sacrilmges, orateurs, djla-
teurs, scjljratsº. Et plus loin:
-Chrjmyle: ¹Car, jtant donnj les conditi-
ons actuelles de la vie pour nous autres
hommes, µui ne la tiendrait pour une folie
ou mieux encore pour le jeu d½un gjnie
malfaisant? En effet, nombre d½hommes,
jtant mauvais, sont riches de biens injus-
tement amassjsÆ nombre d½autres tout D
fait gens de bien, sont malheureux, souf-
frent de faimº.
Et dans sa comjdie ¹Lysistrataº, Aristo-
phane s½en prend aux guerres fratricides.
Pour y mettre fin, il a inventj la grmve du
sexe pratiµuje par les femmes, sous la di-
rection de Lysistrata. A la fin du compte,
et de grmve lasse, les hommes des deux
partis en guerre, ne maitrisant plus leurs
jrections, se sont djcidjs D conclure la
paix. Avouez µue c½est une approche plus
efficace et moins onjreuse pour le budget
national µue les mesures imposjes de nos
jours par l½Otan au service des USAt
On peut voir µu½Aristophane, tout comme
d½autres pomtes comiµues, font preuve
d½une libertj de ton sur les sujets les plus
sensibles mais il y a des limites D la tolj-
rance athjnienne. D½autres critiµues, au-
tres µue la djrision, sont jugjes plus dan-
gereuses, nous dit Audrey Sabit de l½Uni-
versitj de Bordeaux.
La condamnation D mort du roi des philo-
sophes, Socrate, rappelle µue dans la citj
berceau de la djmocratie, tout n½jtait pas
bon D dire ou en tout cas pas n½importe
comment. La critiµue telle µue la pratiµue
Aristophane est ritualisje, encadrje par la
citj et donc par ceux-lD mkmes µui sont vi-
sjs dans ses pimces. Par contre, Socrate se
promenait dans la citj, D l½agora, et de par
ses µuestions, il amenait les citoyens D rj-
fljchir. En les amenant D trouver des rj-
ponses eux-mkmesÆ il jtait subversif. Et ce-
la est inacceptable, mkme en djmocratie.
Socrate dit: ¹Celui µui aspire vraiment D
combattre pour la justice, s½il tient D rester
en vie, si peu de temps µue ce soit, doit
demeurer un simple particulier et se gar-
der de devenir un homme publicº. C½est
dur, et on peut se demander si Alexis Tsi-
pras, en bon Grec, y a pensj µuand il a cj-
dj au chantage de l½Union europjenne en
juillet Óä1x et µu½il a prjfjrj signer un mj-
morandum scandaleux sous la contrainte.
HeÀi eÀ}Ã
u le ÀiÀe aue
La politiµue pourrait faire rire beaucoup
des observateurs de l½extjrieur, d½une autre
planmte µui ne seraient pas concernjs. Elle
nous fait rire jaune la plupart du temps,
hjlas. +uelles en sont les raisons ? +uel-
les sont de faXon gjnjrale les caractjristi-
µues, les ingrjdients du comiµue. Le phi-
losophe franXais, Henri Bergson 1nx9-
19{1® a publij un travail remarµuj sur la
µuestion sous le titre ¹Le RireÆ essai sur la
signification du comiµueº 19ää®. Il y
identifie cinµ procjdjs principaux. Il ap-
pelle le premier celui du ¹diable D ressortº.
Chez le Guignol, µuand le policier entre
sur la scmne, il reXoit aussitt un coup de
b@ton µui l½assomme. Il se redresse, et un
second coup l½aplatit D nouveau. Le nom
provient de l½image du rythme uniforme
du ressort µui se tend et se djtend, le poli-
cier µui s½abat et se relmve, tandis µue le ri-
re de l½auditoire va toujours grandissant.
C½est ce µui se produit rjgulimrement en
politiµue. Le peuple dit µu½il veut avoir sa
part des richesses crjjes gr@ce D son tra-
vail et aux progrms de la productivitj. Et
les politiµues lui opposent des mesures µui
enrichissent toujours d½avantage les nantis
constatj par l½OCDE et plein d½autres®.
Cela fait rire jaune. Le deuximme procjdj
chez Bergson est celui du ¹pantin D ficel-
lesº, c. D d. sur une scmne on a un person-
nage µui croit parler et agir librement alors
µu½il n½est µu½un simple jouet entre les
mains d½un autre. En politiµue, on n½a pas
besoin d½aller chercher loin pour trouver
ce genre de personnages comiµues. Il suffit
de penser p. ex. aux ministres µui, aprms
avoir fait passer des accords favorables D
des grands groupes jconomiµues ou finan-
ciers, se retrouvent dans un conseil d½ad-
ministration d½un de ces groupes avec une
belle rjmunjration D la clj. Encore un rire
jaune. Ensuite, Bergson mentionne ¹l½effet
boule de neigeº µui est un engrenage d½ac-
tions involontaires et bien s×r il y a ¹la rj-
pjtitionº. La mkme scmne µui se djroule
plusieurs fois peut fait rire au thj@treÆ en
politiµue pas tellement, surtout si les con-
sjµuences djtruisent les conditions de vie
sur la planmte. Le dernier principe jnoncj
est celui de ¹l½inversionº ou de l½arroseur
arrosj. Bergson cite l½exemple de la femme
mjgmre µui exige de son mari µu½il exjcute
tous les travaux mjnagersÆ elle lui a con-
signj tous les djtails sur une feuille.
+uand la femme tombe au fond d½une cu-
ve, son mari refuse de l½aider pour en sor-
tir parce µue ce n½est pas marµuj sur sa lis-
te.
Ce dernier exemple intervient de plus en
plus souvent dans la vie jconomiµue mo-
derne, en faisant rire jaune D nouveau les
contribuables. Voici un exemple parmi
tant d½autres. Dans le cadre des fameux
contrats dits de ¹partenariat public-privjº
PPP®, un nombre jnorme de djtails sont
consignjs sur des milliers de feuilles dans
un langage de spjcialistes. La partie ¹pu-
blicº ne sait normalement pas tout ce µui
se trouve dans le contrat µu½elle a signj
pour la simple raison µu½elle ne l½a pas lu.
En Óää9, il est arrivj un accident grave D
la station d½jpuration des eaux usjes
STEP® de Bruxelles-Nord dans le cadre
d½un tel PPP. La grille d½entrje de la STEP
s½est bloµuje D cause de gravats amenjs
par les eaux usjes. Consjµuence: les eaux
usjes ne pouvaient plus entrer dans la
STEP par la grille bloµuje et se sont dj-
versjes dans le cours d½eau µui traverse
Bruxelles, la Senne, provoµuant une catas-
trophe jcologiµue monstre. +u½est-ce µui
s½jtait passj? Comme dans l½exemple de
Bergson, la liste des choses D faire du con-
sortium privje franco-belge, chargje de
l½exploitation de la station, n½avait pas spj-
cifij µu½elle devait djgager au plus vite la
grille d½entrje de la station en cas de pro-
blmme. Et donc il ne l½a pas fait. Et il a ar-
Merel ou la Èíe£gea£ce de Ho£ecerÉ




