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\\e£t aigu

S. ×

parable, mais D l½échelle de la planmte. Le

pouvoir de ces nouvelles féodalités hérédi-

taires “ Murdoch, Bolloré, Bertelsmann,

Springer, Lagardmre, Slim, Bouygues, Ber-

lusconi, Cisneros, ArnaultE “ excmde sou-

vent celui des gouvernements. Parfois,

comme en France, il y a une mainmise sur

les médias par le complexe militaro-média-

tico-industriel\ cette alliance délétmre, dans

laµuelle il y a un rapport étroit entre les ar-

mes, le béton et l½information, est une

source évidente de conflits d½intérkts. La li-

berté d½expression sous la protection des

marchands de canons¶

:¨uÓ aíeô dit

„bulleÓ mpdiatiÄueÓ“ Å

Comme sont vaines, dans ce contexte, les

vitupérations contre les réseaux sociaux,

devenus coupables de tous les maux et ci-

bles commodes de nombre de tenanciers

du débat public! Difficile de comptabiliser

les publications et déclarations incendiai-

res D l½égard de Facebook et de ses „filtres“,

µui enfermeraient les usagers du réseau so-

cial dans une „bulle informationnelle“ d½oÙ

serait exclue, au mieux, la diversité des

points de vue et, au pire, la vérité elle-

mkme. C½est la thmse des „filtre bubbles“, ou

„bulles de filtre“, résumée ainsi par Eli Pari-

ser, auteur de l½ouvrage µui a popularisé le

concept \ „Vous vous endoctrinez vous-

mkme avec vos propres opinions. Vous ne

réalisez pas µue ce µue vous voyez n½est

µu½une partie du tableau, et cela a des

conséµuences sur la démocratie \ pour ktre

un bon citoyen, il faut µue vous puissiez

vous mettre D la place des autres et avoir

une vision d½ensemble. Si tout ce µue vous

voyez s½enracine dans votre propre iden-

tité, cela devient difficile, voire impossible“

(in „The filter bubble“, 2012).

Le danger des „bulles de filtre» serait dou-

ble. On constaterait tout d½abord un „enfer-

mement“ dans un univers non-pluraliste,

favorisant la constitution de „groupes“ im-

perméables les uns aux autres \ „Faute

d½une information commune, ces différents

groupes risµuent de se retrouver dans l½in-

capacité D débattre ensemble, ce µui est

pourtant un fondement de la culture démo-

cratiµue.“ De plus, les „bulles de filtre“ se-

raient le cadre idéal pour les „démagogues“

et autres „populistes“ désireux de surfer sur

la défiance vis-D-vis des médias tradition-

nels pour diffuser leur discours mensonger,

„post-vérité“, Ce dernier phénommne serait

largement responsable, selon divers médias

et journalistes, de la victoire de Donald

Trump, gr@ce D un usage particulimrement

efficace (et malhonnkte) des réseaux so-

ciaux.

Un point de vue critiµué, D juste titre, par

plusieurs auteurs. On pense ici notamment

D André Gunthert (maitre de conférence en

histoire visuelle D l½EHESS, Paris) µui, le 1Î

novembre 2016, sur son site „Images socia-

les“, faisait la remarµue suivante \„Il n½y a

pas de bulle. Et il n½y a pas non plus d½im-

partialité journalistiµue, µui se hisserait au-

dessus de la subjectivité des réseaux so-

ciaux. N½en déplaise au „ µuotidien de réfé-

rence“ Qle MondeR, µui s½adresse D une

clientmle tout aussi calibrée par sa régie de

publicité, c½est la prétention D l½objectivité,

D la neutralité et D un pluralisme défini d½en

haut µui constitue le principal obstacle D

une information honnkte, c½est-D-dire si-

gnée, et µui admet son orientation, plutžt

µue de la nier.“ L½envers de la critiµue des

réseaux sociaux est en effet trop souvent

une défense inconditionnelle des médias

traditionnels, supposés seuls garants de la

vérité et du pluralisme.

Un tel aveuglement face au déficit réel de

pluralisme, aux effets délétmres des leXons

de pédagogie matraµuées par des éditoria-

listes persuadés d½ktre des éclaireurs du

peuple, et aux erreurs répétées des grands

médias en µukte de scoops et de „buzz“, en

Acrimed