Pourtant, des ch@timents µui, il y a une
µuarantaine d½années encore, pouvaient
s½avérer efficaces D faire disparatre un ktre
humain, ne le sont plus, D l½@ge de l½internet
et des médias sociaux. Au moyen de µuel-
µues clics, le sort des journalistes, repor-
ters, blogueurs, cameramen est diffusé de
par le monde. Les régimes en µuestion sont
épinglés rapidement D un niveau global -
mais nous savons µu½ils ne se laissent gumre
impressionner par une réputation en chute
libre. Ils mmnent une lutte acharnée contre
des valeurs auxµuelles la majeure partie des
nations incriminées s½était ralliée µuand, en
194n, elles ont signé la „Déclaration uni-
verselle des droits humains“, µu½au-
jourd½hui elles renient. L½exercice de la li-
berté d½expression est dans de nombreux
Etats un crime passible d½une peine de pri-
son dans des conditions souvent contraires
D la dignité humaine.
Le “Comittee to protect Journalists»
(CPJ), basé D New 9ork, révmle µue de plus
en plus de journalistes, reporters et camera-
men sont aussi victimes d½opérations de
guerre. Ils meurent, fauchés par des balles
de snipers ou par des explosions. L½endroit
le plus dangereux est la Syrie, oÙ rien µu½en
2016, 17 journalistes
sont été tués (107
depuis le début de la
guerre, il y a cinµ
ans). Les profession-
nels les plus exposés
– car devant souvent
sortir d½un abri –
sont les photogra-
phes et les camera-
men.
Les journalistes
µui ont le courage de
se rendre dans des
zones de conflits ris-
µuent en outre l½en-
lmvement, car leur
vie constitue une
monnaie d½échange
précieuse pour les
groupes terroristes. Souvent aussi, des re-
porters µui couvrent une fkte familiale ou
un événement µui attire une grande foule
meurent dans des attentats µui ciblent des
réunions festives ou des pmlerins.
Les dangers µu½encourent les journalistes
et reporters (Îί en sont des femmes) dans
des zones de conflits et dans les dictatures
sont en effet multiples\ confiscation (ou
vol) de leur matériel, observation, menaces
(souvent aussi contre leurs proches), harcm-
lement, arrestation arbitraire, enlmvement,
viol, mort accidentelle, et puis la censure
ultime\ l½assassinat.
En 2012, lors d½une conférence interna-
tionale D Addis Abeba, le représentant de
l½UNESCO a souligné\ „Alors µue les atta-
µues contre des journalistes étrangers dans
des situations de conflits armés attirent
souvent l½attention de la communauté in-
ternationale, la majorité des personnes
tuées sont des journalistes locaux (neuf sur
dix, selon le CPJ) µui, dans la plupart des
cas, ont été menacés avant d½ktre tués. De
plus, dans trms peu de cas, les auteurs ont
été traduits en justice. Le fait est µue la plu-
part de ces abus restent sans enµukte et res-
tent impunis.“
En effet, un aspect µui mérite d½ktre porté
D l½attention d½un plus large public est le fait
µue de nombreux crimes contre journalis-
tes, reporters, cameramen et blogueurs ne
sont jamais poursuivis, ni D fortiori sanc-
tionnés. En 2015, Irina Bokova, Directrice
générale de l½UNESCO, a souligné dans un
discours µue de 2009 D 2015, 540 journalis-
tes, professionnels des médias et des ré-
seaux sociaux, avaient été assassinés, alors
µue moins d½un assassinat sur dix ne fait
l½objet d½une enµukte judiciaire. Choµuée
par ce déséµuilibre honteux, l½UNESCO
avait lancé en 2012 le “Plan d½Action des
Nations Unies sur la sécurité des journalis-
tes» et la µuestion de l½impunité dont profi-
tent ceux µui tuent les représentants d½une
presse libre. Ce plan est destiné D „ uvrer D
la création d½un environnement libre et s×r
pour les journalistes et les professionnels
des médias, dans les situations de conflit et
de non conflit, en vue de renforcer la paix,
la démocratie et le développement“.
En 2015, l½UNESCO a instauré la „Jour-
née internationale de la fin de l½impunité
pour les crimes commis contre des journa-
listes“, µui tous les ans, le 2 novembre, doit
nous amener D réfléchir sur l½importance
d½une presse libre pour un monde µui – sur
arrimre-fond de montée de populismes dan-
gereux – a besoin de savoir pour défendre
ses valeurs.
Le 2 novembre 2015, en présence de la
mmre de Ghislaine Dupont, journaliste
franXaise D la RFI, assassinée au Mali en
201Î avec son collmgue Claude Verlon,
Christiane Amanpour (CNN) a accepté la
fonction d½Ambassadrice de Bonne Vo-
lonté de l½UNESCO pour la liberté et la sé-
curité des journalistes. Ses reportages des
zones de conflits (Iraµ, Kowet, Afghanis-
tan, Bosnie-Herzégovine) sont autant
d½exemples des dangers µue peuvent en-
courir les journalistes, les reporters et les
cameramen (n½oublions pas leurs chauf-
feurs et leurs traducteurs), afin µue nous
soyons informés des combats µui sont sou-
vent menés sinon en notre nom, alors du
moins avec les armes fournies en grande
partie par les nations occidentales.
D½aucuns disent µue la vérité est la pre-
mimre victime de la guerre. Cela est sans
doute vrai, si l½on considmre les immenses
efforts µue les nations en guerre investis-
sent dans la désinformation. Mais nous
courons le danger µue ceux µui disent la vé-
rité en soient la deuximme victime.
+uelle peut bien ktre la réponse D la µues-
tion µu½a soulevée Marie Colvin, journa-
liste du Sunday Times de Londres, connue
pour ses reportages de Libye, du Timor
oriental et de Sri Lanka (oÙ dans une atta-
µue elle a perdu en il) lors d½une cérémo-
nie de commémoration pour des journalis-
tes tués dans l½exercice de leur travail\
„Nous devons toujours nous demander si
l½histoire D raconter vaut le risµue en-
couru.“ Marie Colvin a payé de sa vie la
conviction µue son histoire en valait la
peine. C½était l½histoire d½un bébé mort
dans ses bras, µuelµues heures avant
µu½elle-mkme ne soit fauchée par une atta-
µue d½artillerie D Homs en Syrie, le 22 fé-
vrier 2012. Avec elle, est mort le remarµua-
ble photographe de guerre Rémi Ochlik,
natif de Thionville et tué en Syrie D 2n ans.
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