kulturissimo: Les nouveauî modias
¹Internet, roseauî sociauî etcº ont ro-
volutionno les modalitos de diffusion
et de roception dÌinformations. Com-
ment la presse ocrite professionnelle
a-t-elle roagi au nouveau paysage mo-
diatiÄue?
Danimle Fonck\ La presse d½information
générale n½a pas découvert Internet ces
deux ou trois dernimres années. Nous
avions déjD anticipé Internet il y a plus
d½une dizaine d½années et avons depuis lors
adapté notre faXon de travailler, mkme si le
mouvement s½est évidemment accéléré ces
derniers temps. Il est vrai µue les réseaux
sociaux ont connu un développement ful-
gurant (Facebook, Twittero) et leur impact
sociétal va au-delD de l½impact des seuls
médias.
Non seulement une population, souvent
jeune d½ailleurs, pense pouvoir se passer de
l½information traditionnelle, parce µu½elle
se sent informée par µuelµues titres ou
phrases lus sur un réseau social, mais aussi
parce µu½elle persiste D croire µu½elle n½a
pas besoin de professionnels comme inter-
médiaires.
Cela aboutit fatalement D des jugements
tantt simplistes, tantt populistes, ce dont
nous sommes les témoins au µuotidien.
Le journalisme est un métier, une profes-
sion, une vocation. C½est aussi un talent,
une valeur ajoutée. Il s½exerce dans le cadre
de codes déontologiµues stricts et sa crédi-
bilité repose sur la véracité des faits et le
contrle de l½information. Sa démarche va
d½une faXon ou d½une autre D l½encontre de
celle des réseaux sociaux oÙ les internautes
bénéficient encore pour l½instant d½une
grande impunité.
Les médias d½information générale sont
donc tenus d½investir dans la µualité, et de
privilégier l½excellence, µue ce soit sur leur
site gratuit ou payant, sachant µu½ils ont D
assumer la pleine et entimre responsabilité
de ce µu½ils diffusent.
Bien entendu, cela impliµue de nouvelles
faXons de travailler, un rythme de travail
différent ainsi µue la pression constante
d½éviter le moindre dérapage µui découle-
rait d½une réactivité excessive dont le be-
soin est lui-mkme nourri par les internau-
tes.
k.: .uel rªle la presse ocrite doit-elle
jouer aujourdÌhui? .uels sont les plus
grands dofis pour un journal tradition-
nel?
D.F.\ L½écrit, c½est le mot, c½est la phrase,
c½est la plume en µuelµue sorte. Indépen-
damment du support. La presse écrite, c½est
le papier, la presse écrite, c½est Internet.
Le rle de la presse écrite\
- informer le lecteur au plus prms, l½aidant
D cerner une problématiµue par l½intermé-
diaire de l½analyse et du commentaire,
- l½intéresser D la vie publiµue, sociale, so-
ciétale, écologiµue, culturelle, économi-
µue, sportive en le familiarisant avec ces su-
jets, leurs complexités, facettes, les rappro-
chant des autres citoyens de la planmte.
Bref, l½aider D se bonifier, D mieux com-
prendre, D bien nuancer et, µuelµue part, D
privilégier le meilleur de lui-mkme.
Demain, la presse écrite sur papier
s½adressera D une clientmle peut-ktre moins
grand public µu½aujourd½hui, mais D une
clientmle µui aura fait le choix d½approfon-
dir, d½aller au-delD, de consentir des efforts
pour eux-mkmes en payant pour cela le
juste prix.
Demain, la presse écrite sur Internet de-
vra ktre de bonne tenue, informer sérieuse-
ment dans le souci permanent de la crédibi-
lité.
Dans les deux cas, le mot d½ordre sera
l½exigence de la µualité.
k.: Les coèts de production dÌun jour-
nal, et dÌun journalisme, de Äualito
sont en augmentation constante. Le
modrle financier ¹business modelº de
la presse ocrite, doit-il changer? Com-
ment voyez-vous lÌavenir de la presse
ocrite?
D.F.\ Le modmle financier de la presse dite
écrite a déjD changé. Trms longtemps la
presse payante a été largement financée par
la publicité, un peu par les lecteurs. Tel est
de moins en moins le cas. Les transferts du
papier vers le web restent, D ce stade, une
inconnue, ici comme ailleurs. Le fameux
„business model“ est donc D réinventer et
l½opinion publiµue devra bien, elle aussi,
réfléchir au juste prix
de la mission d½intérkt
public µui est celle de
la presse tradition-
nelle et de son apport
constant pour la dé-
mocratie et la paix.
Je crois D une presse
écrite sur papier, cer-
tes, moins forte en ti-
rages. Et ce pour la
bonne raison µu½il y
aura toujours des
hommes et des fem-
mes µui tendent vers
l½excellence.
Pour
moi,
personnelle-
ment, le mot élite n½a
rien de péjoratif car,
contribuer D tirer vers
le haut est infiniment plus précieux µue de
contribuer au nivellement vers le bas.
L½avenir de la presse écrite sur le web¶ LD
encore il faudra bien se faire D l½idée µue la
µualité a un prix.
k.: La liberto de la presse est menacoe
dans un nombre croissant de pays, no-
tamment auî USA, en 2urÄuie ou en
Hongrie. .ue peut-on faire pour proto-
ger ce droit fondamental?
D.F.\ La liberté de la presse est un des
vecteurs principaux de la démocratie et s×-
rement l½une des libertés les plus précieu-
ses. Lorsµu½il n½y a plus de liberté de la
presse, il n½y a plus de démocratie. Il faut
donc se battre contre les dictatures et ses
dictateurs sur µuelµue continent µue ce
soit. Les acteurs de ce combat sont les ci-
toyens et leur premier moyen d½action est
l½urne.
En élisant des hommes et des femmes po-
litiµues dignes d½exercer cette fonction ho-
norable, ils désignent des défenseurs des li-
bertés individuelles et collectives. Regardez
notre vieille Europe\ la liberté de la presse
est maltraitée en Hongrie, elle l½est en Polo-
gne, elle l½est dans la si proche Russie, et la
si proche Turµuie, elle l½est aussi dans de
nombreux de nos pays amis et sous traités –
commerciaux, de coopération, d½associa-
tion – en Afriµue du Nord, en Afriµue, au
Proche et Moyen-Orient. Et mkme dans
certaines grandes démocraties comme les
Etats-Unis, oÙ le président peut se permet-
tre d½insulter, d½injurier, de mépriser les
journalistes au µuotidien.
Chaµue journaliste muselé est un citoyen
muselé.
Ce petit message devrait ktre passé par
chaµue parent, par chaµue éducateur dms la
maternelle.
/uestio£s H a£ise o£\
È aÄæo oæÏ£aÓÝo æÓop oÓÝ æ£ \Ýoyo£ æÓopÉ
\\e£t aigu
S. 3
-hoto: Archiìes ditpress




