Previous Page  5 / 32 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 5 / 32 Next Page
Page Background

\\e£t aigu

S. }

mkme ouragan infernal. Et ils n½ont surtout

pas dit µu½D Cuba, malgrj l½impact djvasta-

teur, il n½y a pas eu un seul mort, tandis

µu½en Ha‹ti, il y en a eu 542 et aux USA 21.

L½Etat cubain a en effet des programmes de

mises D l½abri des habitants devant les ca-

tastrophes naturelles. Cela ne vaudrait-il

pas une information¶ Un vide similaire

concerne des pays comme l½ex RDA, c. D d.

l½Allemagne de l½Est. Il n½est pas facile

d½avoir des informations, des analyses et

des souvenirs bienveillants sur cette partie

de l½Allemagne si l½on n½est pas abonnj p.

ex. D une publication µui ouvre ses pages D

des intellectuels de ce µui aujourd½hui est

appelj communjment “Unrechtsstaat».

Ces deux exemples pour illustrer µue mal-

grj des tonnes de papier D journal, notre vi-

sion du monde n½est pas njcessairement

complmte. Et c½est ce µui expliµue le re-

cours, de plus en plus, D des sources alter-

natives, sur le rjseau.

Par contre, si nous voulons nous rensei-

gner sur ce µu½jtait la vie en France dans la

deuximme moitij du 19e simcle, nous avons

D notre disposition le grand Emile Zola et

les vingt romans de son uvre majeure des

Rougon-Macµuart. Encore faut-il disposer

du temps pour lire les environ 6000 pages

du maŠtre 1®. Mais cela vaut la peine, ne se-

rait-ce µue pour suivre de prms le djvelop-

pement du monde moderne sous ses for-

mes µui nous hantent encore de nos jours.

Ainsi y trouvons-nous la naissance des trms

grands magasins D Paris au djtriment des

petites boutiµues, les agissements en

Bourse, institution µui ne cesse de nous in-

µuijter, et finalement la guerre et l½incurie

des responsables dans ce grand rjcit de la

guerre de 1870 entre l½Allemagne, emme-

nje par la Prusse, et la France. Le grand

Dosto‹evski est une autre source d½infor-

mation, et de plaisir, pour cette mkme pj-

riode, mais du cžtj opposj de l½Europe.

battre des avionsÅ

En faisant un saut dans le temps vers l½anti-

µuitj, nous retrouvons le problmme d½accms

D la trms riche littjrature de cette pjriode

µui, aprms 2500 ans, ne cesse d½ktre d½actua-

litj. Pour preuve un exemple rjcent: le 17

octobre dernier, la premimre chaŠne tjlj al-

lemande ARD-WDR® a diffusj en soirje le

film Terror et le public a jtj invitj D s½expri-

mer en direct en tant µue jury. De µuoi

s½agit-il¶ Le cas prjsentj concerne un

avion de ligne avec 164 personnes D bord,

kidnappj par des terroristes et µui obligent

le pilote D diriger son avion sur un stade

rempli avec 70 000 personnes. Un pilote de

chasse a la possibilitj d½arrkter l½avion kid-

nappj, mais n½a pas l½ordre de tirer, car la

loi le djfend. Le pilote prend finalement la

djcision personnelle d½abattre l½avion, c. D

d. de sacrifier 164 vies humaines afin d½jvi-

ter une catastrophe largement plus impor-

tante. A la fin du film µui met en scmne le

procms du pilote, le public allemand est in-

vitj D communiµuer son jugement de l½acte

du pilote par tjljphone : coupable ou non

coupable, sachant µue la constitution alle-

mande djfend une telle exjcution de victi-

mes innocentes. Prms de 87¯ des specta-

teurs votent pour innocent, au grand djses-

poir de l½ancien ministre de l½intjrieur alle-

mand Gerhard Baum, prjsent sur le pla-

teau de tjljvision. La discussion µui suivait

mettait en jvidence la complexitj du sujet.

Et c½est ici µu½intervient l½intjrkt de la lec-

ture des classiµues, grecs notamment. De

Iliade

et de l½

"dyssje

d½Hommre D #dipe

Roi et Antigone de Sophocle, ce genre de

problmmes tragiµues est prjsentj et discutj.

Une jtude des classiµues permet donc de

former des citoyens µui savent faire la diffj-

rence entre, d½un cžtj, des sentiments de

sympathie envers un jeune pilote µui a pris

une djcision dramatiµue afin de sauver des

ktres humains en en sacrifiant d½autres. Et

d½un autre cžtj, le respect d½un principe de

base de cohabitation dans une socijtj µui

veut µue l½on ne peut pas exjcuter des ktres

humains en se basant sur des raisonne-

ments d½arithmjtiµue, c. D d. en tuer 164

pour en sauver 70 000Æ ou bien en sauver 10

000, ou bien 1000, ou bien 200¶t Les tragj-

dies grecµues illustrent les complexitjs des

situations extrkmes et savent nuancer,

beaucoup mieux µue nous, les diffjrents as-

pects de la culpabilitj, comme p. ex. dans la

tragjdie d½

#dipe Roi

de Sophocle.

ožsre tupÅ

Malheureusement pour nos jeunes gjnjra-

tions, l½accms aux textes antiµues est rendu

de plus en plus difficile. En effet, l½jtude des

langues anciennes latin, grec® est µuasi-

ment jliminje des cursus d½enseignement

et l½histoire de la littjrature n½est pas une

prioritj non plus. Cette tendance inµuij-

tante a amenj djjD en 1998 deux profes-

seurs amjricains D tirer la sonnette

d½alarme avec leur livre Who killed Ho-

mer¶, donc: “ +ui a tuj Hommre¶ “. Si les

chiffres des jtudiants de ces matimres sont

dramatiµuement D la baisse, cela doit bien

avoir des raisons: la recherche effreinje des

applications directes et utilitaires Æ la

croyance µue le progrms scientifiµue et

techniµue va rjsoudre les problmmes ma-

jeurs de notre planmte¶ Sans doute.

Pour ceux µui auraient malgrj tout envie

de se plonger dans la lecture des textes an-

ciens, les deux professeurs, Hanson et

Heath, recommandent vers la fin de leur

ouvrage Who killed Homer¶, une sjrie de

dix livres, pour lesµuelles il existe de bon-

nes traductions en anglais, et s×rement

aussi en allemand et en franXais. Parmi ces

livres, il y a l½

Iliade

d½Hommre, l½Ajax de So-

phocle avant

"edipe Roi

et

ntigone

, se-

lon les professeurs®,

es acchantes

d½Eu-

ripide,

a Guerre du *jloponnmse

de Thu-

cydide,

ysistrate

d½Aristophane et l½

po-

logie de Socrate

, par Platon. Bon couraget

Et beaucoup de plaisirt

1® Il en existe une version audio gratuite

pour ceux µui passent des heures dans la

voiture tous les jours:

http:ÉÉwww.litteratu

-

reaudio.comÉlivres-audio-gratuits-

mp3ÉtagÉrougon-macµuart

La ·lus grande liQrairie dÌAthrnes ferme ses volets