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Rjgulimrement, on lit en bas de petits arti-
cles, rjdigjs D la va-vite, sur la Foire de
Francfort, ou le Salon du livre de Paris q en
septembre dernier ce fut le cas pour Le Li-
vre sur la Place de Nancy q µue le Luxem-
bourg n½y est pas. Rjgulimrement, il s½agit lD
d½une erreur, car mkme si le Luxembourg,
en tant µue pays, ou en tant µue fjdjration
des jditeurs luxembourgeois, n½y est pas,
certaines petites maisons d½jdition ou cer-
tains auteurs y vont µuand mkme, seuls,
pour une lecture, ou avec leur petit stand
fait d½une planche et de deux trjpieds, et
µuelµues sous du ministmre de la Culture
µu½ils sont allj µujmander. Mais lD n½est
pas le problmme.
Rjgulimrement, cette remarµue, cette
simple ligne parfois, on en fait un interti-
tre®, par exemple „Die Frankfurter Buch-
messe ohne Luxemburg“, ou bien „Le livre
luxembourgeois n½est pas dans la place“
bon, je l½ai inventje, celle-lD, mais c½jtait
un peu dans ce genre, sur la page internet
du plus grand µuotidien du pays® suffit D
provoµuer une certaine indignation auprms
de gens, lecteurs, acteurs culturels, sympa-
thisants littjraires, µui se sentent, d½une fa-
Xon ou d½une autre, ljsjs. Et on les com-
prend un peu, nous savons tous µu½en ma-
timre d½exportation, la littjrature luxem-
bourgeoise a du mal D se faire connatre.
Alors µue ce n½est pas une µuestion de
µualitj, je pense µue nous sommes tous
d½accordq hormis µuelµues r@leurs q µu½il y
a, dans ce pays, un certain nombre d½jcri-
vains, toutes proportions gardjes, bien s×r,
µui n½ont rien D envier D leurs collmgues al-
lemands ou franXais. Mais c½est un fait µue,
pour devenir un tant soit peu connu au ni-
veau international, un jcrivain luxembour-
geois doit publier D l½jtranger. Non pas par-
ce µue, comme le dit la formule dont on
abuse au Luxembourg depuis des djcen-
nies, „du bass rjischt een wanns de et am
Ausland gepackt hues“, mais parce µue les
maisons d½jdition luxembourgeoises ont
du mal D ktre intjgrjs dans les rjseaux sa-
crosaints de la distribution, de la diffusion,
de publicitj, etc., µui font µu½un livre tour-
ne, µu½un livre soit connu, µu½on en parle,
µu½on le traduise.
Donc non, le stand luxembourgeois D
Francfort, si c½est pour rjvjler la shortlist
du Buchpräis, mkme en prjsence d½un mi-
nistre luxembourgeois, comme cela a jtj
fait une des dernimres fois, Xa ne sert fran-
chement pas D grand-chose. Voire mkme,
pour le dire de faXon un peu populiste, c½est
du gaspillage de l½argent du contribuable.
Francfort est une foire oÙ l½on ne vend rien,
c½est une foire µui sert D faire des rencon-
tres, c½est une foire, avant tout, pour les
professionnels, les journalistes, les agents,
les jditeurs, les tables-rondes, parfois un
peu pour les auteurs, mais alors plutt les
grands noms, jvidemment. Sinon, on s½y
retrouve, comme on dit, „wji bestallt an net
ofgeholl.“ Donc, autant dire, si l½on ne va
pas D Francfort avec un plan en tkte, une
stratjgie, un agenda rempli de rendez-vous
avec des traducteurs ou des diffuseurs ou
des agents, autant ne pas y aller, ou alors y
aller pour le plaisir de µuelµues lectures ou
djbats. Parce µue „dobäi sinn ass an deem
Fall net alles.“
Et donc, si ce plan de djveloppement cul-
turel dont on aime tant parler, ces derniers
temps, doit provoµuer une chose, c½est une
meilleure prjparation pour des jvjnements
comme les grandes foires internationales.
Ce µu½il faudrait, par exemple et la liste
n½est pas exhaustive®:
- du matjriel de promotion. Malgrj les re-
commandations du Conseil national du li-
vre, il n½existe toujours pas de catalogue des
plus intjressantes uvres littjraires µue ce
soit au niveau de leur µualitj littjraire ou
du nombre d½exemplaires vendus® des 35
dernimres annjes, depuis Hannert dem At-
lantik de Guy Rewenig, D l½Architecture des
temps instables de Jean Portante, oÙ au
dernier recueil de Nora Wagener, Larven.
+uelµue chose µu½on puisse distribuer, µui
puisse attirer les curieux le design du stand
y joue un rle jgalement®, µui puisse titiller
la curiositj d½jditeurs jtrangers, de tra-
ducteurs je me rjpmte®, d½agents. Ces der-
niers ont toujours besoin de sang frais. Il y a
de la place pour les jcrivains luxembour-
geois dans le monde. De µuelµue langue
µue ce soit. Ce serait djjD un bon djbut.
- une structure q Art Council ou bureau
d½exportation, voire mkme une simple Fj-
djration des jditeurs, reprjsentative, cette
fois-ci, sinon les choses se compliµuent trms
rapidement, on l½a vu il y a µuelµues an-
njes, le mieux serait en fait une structure
µui serait un peu tout cela D la fois q dont la
charge serait d½assurer ce networking, par-
ce µu½aucun des jditeurs luxembourgeois,
vu leur taille, n½est capable de faire ce tra-
vail seul.
- il semble µu½D moyen et long terme, un
changement de mentalitj µuant D la chose
littjraire autochtone pourrait ne pas ktre
malvenu, D la fois du ctj officiel ce n½est
pas µu½il n½y a pas de moyens, mais µuel-
µu½un doit s½exjcuter®, de certains mjdias
µui prjfmrent parler de l½absence du Lu-
xembourg D telle ou telle foire µue de savoir
ce µu½est vraiment la littjrature luxembour-
geoise contemporaine, avec ses forces et
faiblesses®, voire mkme de certains acteurs
du milieu mkme, µui passent leur temps D
se chamailler et D se suggjrer D µui mieux
mieux comment faire leur travail, au lieu de
tout simplement le faireo
Du pain sur la planche, donco
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