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\\e£Ý Biƒu

S. ¤

en faisant rjfjrence au fameux principe de

Goldwater, cet ancien candidat µui a perdu

les jlections prjsidentielles amjricaines

suite D de farfelus diagnostics pseudopsy-

chiatriµues. Pour prjvenir de futures catas-

trophes djmocratiµues, il vaut donc mieux

s½intjresser D la psychopathologie des jlec-

teurs et remplacer, pourµuoi pas, le scrutin

rjfjrendaire par l½ancien et malfamj scru-

tin censitaire. Oh certes, ce cens jlectoral

ne se djfinirait ni par la feuille d½impžts, ni

le prestige des diplžmes, mais par une

connaissance D minima de l½enjeu et de la

nature du scrutin. Ainsi on jviterait peut-

ktre le paradoxe µue les riches votent, D

l½insu de leur propre grj comme dirait l½au-

tre, pour le candidat ou la candidate le

mieux apte D djfendre l½ensemble du corps

social et µue les pauvres, comme les veaux

µui se choisissent leur propre boucher, vo-

tent contre leurs propres intjrkts, ne se-

rait-ce µue celui, blague D part, de se faire

tailler une pipe par Madonna.

Dans le microcosme luxembourgeois, la

causa Lunghi a agi comme un prisme sjpa-

rant nos “jlites” en plusieurs strates bien

distinctes, comme l½ont montrj les galeries

de photos des principaux protagonistes,

publijes opportunjment par le Tageblatt et

le Wort. Se trouvent donc individualisjs

l½jlite intello-culturelle incarnje par le “ ri-

tal” Lunghi, le pouvoir politiµue reprjsentj

par 8avier Bettel, la puissance du capital

µui sµuatte le conseil d½administration du

Mudam, la sphmre mjdiatiµue enfin µui fait

pimtre figure avec Sophie Schram et son pa-

tron Alain Berwick.

Et puis, ne l½oublions pas, il y a encore un

non-pouvoir (un pseudo-pouvoir¶) µui est

jtrangement absent des djbats et µui pour-

rait ktre, D premimre vue, une rjponse D l½an-

goisse de l½jlecteur avant le scrutin. La

Grande-duchesse hjritimre prjside en effet

le conseil d½administration du Mudam oÙ

elle rmgne sans gouverner, comme son

beau-pmre le fait au niveau du pays. On lui

reproche (D tort) son silence alors µu½on a

souvent reprochj (D raison) ses bavardages

au Grand-duc. Et si, aprms tout, la monar-

chie figurait, D moindre risµue sinon D

moindre co×t, cette autoritj caricaturale,

d½un autre temps (donc hors du temps¶),

un peu ridicule avec ses attributs phalliµues

µui font rkver les 80¯ de non et cauche-

marder les 20¯ de oui du dernier rjfjren-

dum¶ Alors oui, en ces temps oÙ les amis

de Trump mmnent le mkme combat µue les

ennemis de Lunghi, il faut relire au plus vite

les Studien zum autoritären Charakter

d½Adorno, mais aussi Le sceptre d½Ottocar

de Hergj µui nous livrent peut-ktre, sait-on

jamais, les outils pour mkler la mjlodie de

la Heemecht aux rythmes de l½Internatio-

nale.

On s½apercevra alors µue les jlites issues

du nouvel ordre politico-jconomico-cul-

turo-jlectoral ne sont plus forcjment celles

µue l½on croit et µu½on devrait parler des

nouvelles jlites comme on parle des nou-

veaux pauvres. Font partie de ces nouvelles

jlites ceux µui acceptent de payer leur im-

pžt d½angoisse avec tout ce µue cela com-

porte d½intranµuillitj (ce µue Freud a ap-

pelj ¹das Unbehagen“), de curiositj, d½in-

telligence et de courage. Ils se retrouvent

face D une majoritj non pas silencieuse,

mais bruyante et braillarde, µui, les bourses

bien ou mal garnies, aux curricula modes-

tes ou prestigieux, prjfmrent le nous com-

munautaire au je universel. Pour les pre-

miers, la djmocratie reste le pire des systm-

mes, D l½exclusion de tous les autres, pour

les seconds, la monarchie constitutionnelle

continue D ktre le meilleur des systmmes, D

l½exclusion de tous les autres.

I Maux dits d½9van: ¹Le vieil homme et la

fontaine“, in D½Letzeburger Land, 8.4.20